Nos principaux axes de recherche

En 2016, la direction du CHL a eu le plaisir de féliciter 3 de ses salariés qui ont soutenu, avec succès, leur mémoire de PhD aux Universités respectives de Liège, de la Sarre, et de Trêves. Leur succès illustre le dynamisme de la recherche médicale au CHL partie intégrante du travail des médecins et des soignants du centre. Recherche à la fois fondamentale, pour mieux appréhender le fonctionnement du corps humain et des maladies qui l'affectent, mais aussi clinique, menée sur des patients, avec leur consentement, pour comprendre la manière dont leur maladie se développe, affiner le diagnostic et définir des stratégies thérapeutiques adaptées.

Acteur du monde de la recherche luxembourgeois, le CHL collabore avec l’Université de Luxembourg, et son Luxembourg Centre for Systems Biomedicine (LCSB) et avec le Luxembourg Institute of Health, non seulement en participant à plusieurs projets de recherche en commun, mais aussi grâce à l’implication directe de médecins dans les laboratoires de recherche fondamentale. Mais la recherche médicale va bien au-delà des collaborations nationales, et la plupart de nos projets se font en partenariat avec des hôpitaux ou des instituts européens ou internationaux.

De grands axes de recherche se dessinent ainsi : autour du cancer, des maladies neuro-dégénératives, du diabète, des maladies du coeur, des maladies infectieuses, des allergies ou de l’entorse du genou. 

Autour du cancer

En 2016, les médecins du CHL ont participé à plusieurs projets de recherche concernant notamment les cancers du sein, du poumon ou du cerveau. Ainsi, en lançant, avec la biobanque de Luxembourg, une collection d’échantillons de tumeurs du sein, le Dr Caroline Duhem, oncologue au CHL, et ses patientes ont permis le stockage de données et de tissus qui fourniront la matière première à des études fondamentales sur ce cancer.

En participant à différentes études européennes concernant de nouveaux médicaments pour traiter le cancer du poumon, le Dr Guy Berchem, oncologue au CHL et responsable du laboratoire d’hémato-oncologie du LIH, permet à des patients pour qui les traitements classiques ont échoué, de suivre une autre voie thérapeutique.

En neurochirurgie, le Dr Frank Hertel, opérant des tumeurs du cerveau, prélève, avec le consentement de ses patients, un échantillon de la tumeur, qui sera étudié de manière approfondie et permettra de mieux comprendre le développement des tumeurs cérébrales.

En hématologie, le Dr Laurent Plawny propose à ses patients, atteints de myélome, de participer à une étude cherchant à évaluer l’efficacité d’un nouvel anticorps combiné à une chimiothérapie classique.

Autour des maladies neuro-dégénératives

Le Luxembourg investit de nombreuses ressources dans la recherche sur la maladie de Parkinson. Un centre d’excellence a vu le jour en 2015, alliant les forces de l’Université de Luxembourg (via le LCSB), du LIH et du CHL. Au sein de la « clinique Parkinson », où sont reçus les patients et volontaires souhaitant participer au projet, une équipe de médecins chercheurs en neurologie, d’infirmières et de neuropsychologues s’organise autour du Prof. Dr. Krüger, et cherche à mieux comprendre les raisons de la maladie pour établir le diagnostic le plus précoce, mais aussi mieux en gérer les conséquences au quotidien.

Avec le projet « neuroimaging », le Prof. Dr. Nico Diederich, propose aux patients des examens de résonance magnétique (IRM) un peu particuliers qui permettront une meilleure vision des régions et des connexions du cerveau. En analysant les résultats de ces examens, les médecins chercheurs espèrent identifier des « signatures » de la maladie de Parkinson, des réactions très spécifiques, que l’on pourrait relier à la maladie et qui permettraient un diagnostic précoce.

En neurochirurgie, plusieurs chercheurs utilisent les résultats des stimulations cérébrales profondes pratiquées par le Dr Hertel pour développer des images en trois dimensions du cerveau, et identifier les chemins les plus directs et efficaces pour parvenir aux parties qui doivent être stimulées. 

Autour du diabète

Depuis des années, l’équipe du centre de diabétologie pédiatrique du CHL (DECCP), explore trois directions de recherche sur le diabète :

  • L’amélioration du traitement, par une évaluation constante de ce qui est fait pour les enfants diabétiques au Luxembourg
  • L’amélioration des technologies de traitement, par exemple en travaillant sur des pompes à insuline,
  • La compréhension du diabète, ou ses causes.

Reconnue au niveau européen, l’expérience des médecins chercheurs de l’équipe de diabétologues du CHL leur permet de participer à plusieurs projets de recherche financés par la Commission Européenne. Par exemple, au sein du consortium « spidiman », avec les hôpitaux universitaires de Cambridge, les médecins de l’équipe ont proposé à leurs jeunes patients diabétiques de vérifier si leur contrôle glycémique s’améliore avec l’utilisation d’un ordinateur muni d’un logiciel spécial, dirigeant l’administration de l’insuline (via la pompe à insuline) en temps réel, basé sur des mesures de glucose en continu. En 2016, deux nouveaux projets auxquels participent l’équipe du centre de diabétologie pédiatrique du CHL ont reçu des financements européens. 

Autour des maladies du cœur

En 2016, le Dr Pascal Stammet, anesthésiste–réanimateur au CHL a présenté avec succès son mémoire de thèse en sciences médicales, « Contribution to the outcome prediction after cardiac arrest », à l’Université de Liège. Son travail est le fruit d’un long parcours de recherche sur les conséquences des arrêts cardiaques et plus spécifiquement sur les possibilités de prédiction des séquelles neurologiques après arrêt cardiaque. L’une des dernières études européennes à laquelle il a participé s’intéressait de près à la question de l’hypothermie après arrêt cardiaque, comparant la survie et les conséquences neurologiques de l’arrêt cardiaque de patients maintenus soit à une température de 33°C, soit à 36°C. 950 patients ont été inclus dans cette étude, dans 10 pays, sur 36 sites, dont le Centre Hospitalier de Luxembourg. Les conclusions ont montré que le maintien de la température corporelle du patient à l’un de ces deux niveaux n’avait pas d’influence sur la capacité de récupération des fonctions neurologiques. 

Autour de l’entorse du genou

Le genou est l’une des articulations les plus compliquées de notre corps et les blessures du genou nécessitent souvent des interventions chirurgicales et orthopédiques complexes. La recherche en orthopédie permet de définir, choisir et appliquer l’intervention chirurgicale la meilleure et la plus efficace. C’est aussi grâce à la recherche que l’on découvre de nouvelles techniques, plus adaptées au métier. Les chirurgiens orthopédiques du CHL sont très impliqués dans des projets de recherche, notamment avec le Laboratoire de Recherche en Médecine du Sport (LRMS) du Luxembourg Institute of Health (LIH). Ils mènent ainsi depuis de nombreuses années une étude sur les ligaments croisés pour optimiser la prise en charge thérapeutique des patients victimes de blessures du genou. L’objectif est de réduire au maximum les conséquences de ces blessures et d’assurer la plus grande qualité de vie aux patients. En 2016, Caroline Mouton, collaboratrice des médecins orthopédiques du CHL et ancienne chercheuse au LRMS, a présenté avec succès sa thèse de doctorat (PhD), s’inspirant des premiers résultats de cette étude. 

Autour de la recherche en soins

Partant du constat simple de l’infection récurrente de tatouages artisanaux pratiqués sur et entre les détenus du Centre Pénitentiaire de Luxembourg (CPL), Sophie Hornard, infirmière du CHL détachée au sein de l’équipe soignante du CPL, s’est interrogée sur le meilleur moyen de transmettre aux détenus l’importance du respect des conditions d’hygiène de base. Dans son mémoire de fin d’études, rédigé dans le cadre d’une formation continue sur la santé publique en milieu pénitentiaire, elle a proposé la création d’un atelier sécurisé de tatouages. Une participation à une formation à l’éducation à la santé « aux pairs par les pairs » organisée dans le cadre d’un projet européen erasmus + a confirmé son idée : en sensibilisant les « détenus tatoueurs », il était possible, par ricochet, de déclencher une prise de conscience de tous les détenus. Avec l’aval des autorités du centre pénitentiaire, les soignants du CPL ont organisé un « atelier tatouage », avec une première session consacrée à l’hygiène et aux maladies transmissibles par le sang, puis une seconde, animée par un tatoueur professionnel, sur les matériels et techniques de tatouage. 

«Les traitements du cancer, ou plus exactement des cancers, progressent tous les ans. Chaque année, de nouveaux médicaments sont approuvés, développés et complètent l'arsenal déjà à notre disposition pour lutter contre cette maladie. Le chemin est encore long, nous sommes loin de guérir tous nos malades, mais la recherche ouvre des perspectives et permet des avancées qui nous paraissaient inaccessibles hier encore».

Dr Guy Berchem, oncologue au CHL, responsable du laboratoire de recherche expérimentale sur le cancer, LIH

« C’est une chance de pouvoir travailler au Luxembourg, les moyens mis à notre disposition sont très importants, l’équipe est formidable. Au CHL, j’ai trouvé des médecins engagés, dont certains très impliqués de longue date dans la recherche sur la maladie de Parkinson. Avec notre projet National Centre for Excellence in Research on Parkinson’s disease (NCER-PD), nous travaillons beaucoup pour identifier les causes de la maladie et trouver des traitements neuroprotectifs. Ce qui a bien entendu des conséquences sur l’amélioration de la vie quotidienne des gens atteints de la maladie. C’est fondamental pour ces patients de garder le plus grand degré d’autonomie le plus longtemps possible, et le résultat de nos recherches peut les aider ».

Témoignage du Prof. Dr. Rejko Krüger, neurologue au CHL, responsable du projet NCER-PD au LCSB 

«Je travaille depuis des années avec l’équipe du centre de diabétologie pédiatrique du CHL, et je n’ai que des raisons de me réjouir de cette collaboration. Sur plusieurs projets européens, j’ai pu apprécier l’expérience et les capacités médicales de tous les membres de l’équipe. Je suis aussi très admiratif de leur engagement auprès de leurs petits patients, de leur dévouement pour leur assurer les meilleures conditions de vie possible avec le diabète ». 

Dr Roman Hovorka Université de Cambridge, département pédiatrie, directeur de recherche 

«Au départ, je n’avais pas la vocation de faire de la recherche. Je me suis impliqué petit à petit, au fil de l’évolution de ma discipline, de rencontres avec d’autres médecins. Il faut dire que la prise en charge des arrêts cardiaques en réanimation a beaucoup progressé au début des années 2000. Il y a encore beaucoup de progrès à faire, et la recherche nous permet d’identifier de nouveaux chemins qui n’étaient peut être pas assez explorés jusqu’alors ». 

Dr Pascal Stammet, anesthésiste – réanimateur au CHL 

Notre collaboration avec les médecins du CHL est fructueuse depuis de nombreuses années. Nous travaillons beaucoup ensemble sur les blessures du sport, avec l’accent mis sur le genou, comme dans l’étude sur les ligaments croisés. Nous voyons des centaines de patients, et chaque nouveau cas nous permet de mieux comprendre les blessures du genou et de mieux voir comment les traiter. Nous travaillons aussi beaucoup sur la course à pied, sur les blessures qu’elle génère. Tous ces projets sont très excitants, et c’est formidable de pouvoir s’investir ensemble ». 

Dan Theisen, responsable du Laboratoire de Recherche en Médecine du Sport, LIH 

L’engouement a été immédiat : les détenus tatoueurs se sont sentis reconnus dans leur travail, ils ont apprécié de pouvoir utiliser du bon matériel... et la liste d’attente pour se faire faire un tatouage « safe » est déjà bien longue ! » 

Mike Conrath et Svenia Graas, membres de l’équipe soignante CPL 

En 2016, le CHL a rejoint deux réseaux où collaborent des institutions de premier plan dans la recherche et la conduite d’essais cliniques pour lutter contre le cancer : le réseau mondial WIN (Worldwide Innovative Networking), comptant parmi ses 37 membres l’Institut Curie de Paris, l’Hôpital Univer- sitaire de Kyoto, le Segal Cancer Center de l’Université McGill de Montreal, et des compagnies pharmaceutiques comme Pfizer ... Et, au niveau européen, le nouveau réseau OncoDistinct, aux côtés, entre autres, de l’Institut bruxellois Bordet, de l’hôpital universitaire de Strasbourg ou de l’Institut National des Tumeurs de Milan. En son sein, des médecins à la fois cliniciens et chercheurs peuvent échanger informations et traitements et participer à des projets de recherche communs. Ces deux exemples de collaboration confirment l'importance accordée par le CHL au travail en réseau, et s'ajoutent aux liens nationaux, tissés avec le LIH (Luxembourg Institute of Health), avec l'IBBL (Integrated BioBank Luxembourg), ou avec l'Université de Luxembourg.

100 projets de recherche

2500 patients participants

256 articles publiés dans des revues médicales internationales, dont 227 avec facteur d'impact

4 moyenne du facteur d'impact

891 somme facteur d'impact