En 1978, le CHL ouvrait le premier service d’hémato-oncologie au Luxembourg. En pratiquement 40 ans, s’adaptant à l’incidence et à la prévalence croissantes du cancer, le service a évolué, passant d’une unité composée d’un médecin et de quelques infirmières à une structure renforcée de 8 hémato-oncologues, 3 médecins en voie de spécialisation et 66 soignants en 2016. Ancré dans la dynamique du Plan cancer national, le CHL a fait siens les objectifs nationaux et se donne comme priorités de veiller à l’amélioration constante de la qualité de la prise en charge et de la qualité de vie des personnes atteintes du cancer, et d’augmenter la survie des patients. 

2016 a vu une intensification des efforts du CHL dans sa lutte contre le cancer. Tenant compte de l’augmentation importante et constante de l’activité (nombre de patients, nombre de chimiothérapies dispensées quotidiennement, nombre de journées d’hospitalisation), la direction du CHL a revu l’organisation du service d’hémato-oncologie. Elle a ainsi planifié le renforcement de l’équipe médicale, validé la mise à disposition de 20 lits d'hospitalisation en plus dans trois unités spécialisées en cancérologie et préparé le déménagement de l’unité technique de chimiothérapie vers le premier étage du bâtiment CHL Centre, dans un espace qui permettra d’accueillir simultanément 14 patients en traitement. Ce nouvel hôpital de jour oncologique permet quotidiennement à 70 à 100 patients atteints de cancer de venir suivre leur traitement de chimiothérapie, en quelques heures, sans être hospitalisés. Cette unité technique de chimiothérapie n’est toutefois que la partie émergée de l’iceberg que représente la prise en charge d’un patient atteint de cancer au CHL. 

Une prise en charge inter et pluridisciplinaire

La prise en charge démarre dès qu’un cancer est sus- pecté. Elle se fait soit lorsqu’un patient vient consulter un médecin spécialiste (de sa propre initiative ou sur les recommandations de son généraliste), soit lors d’une visite en policlinique/urgences d'un patient alerté par des signes de détérioration de sa santé. Dès ce moment, la prise en charge est à la fois inter et pluridisciplinaire : quel que soit le médecin spécialiste consulté, il travaillera en collaboration avec ses collègues médecins d’autres spécialités, mais aussi avec d’autres professions de santé spécialisées du CHL pour accompagner au mieux le patient à toutes les étapes. Le patient n’est pas seulement pris en charge, mais il entre dans le parcours patient le plus adapté au problème qui l’a conduit à l’hôpital. 

Par exemple, pour un patient avec suspicion de cancer du sein, une consultation auprès du gynécologue enclenchera, en coordination avec le médecin spécialiste en cancérologie du sein, l’intervention du médecin spécialiste de l’imagerie, qui produira, en utilisant la tech- nique la plus appropriée, un cliché détaillé de la zone suspicieuse. Si nécessaire, ce spécialiste, son collègue gynécologue ou le chirurgien spécialiste, fera une biop- sie dont l’analyse histologique sera faite au Laboratoire National de Santé. Les biologistes du CHL pourront aussi être mis à contribution pour réaliser les bilans sanguins. C’est une infirmière spécialisée (breast cancer nurse) qui coordonnera l’organisation de ces examens et rendez vous. Le patient peut ainsi se laisser porter, sans avoir besoin de s’inquiéter des contacts avec les di érents ser- vices médicaux du CHL. Hormis l'analyse histologique de biopsie, qui sera faite, en externe, au Laboratoire National de Santé, tous les examens seront réalisés au CHL, ce qui a l’avantage indéniable de la rapidité et de la coordination d'un maximum d'informations au même endroit. 

Le CHL participe depuis des années au programme national de dépistage du cancer du sein. Seul hôpital équipé au Luxembourg d’une « prone table » permettant les biopsies de sein, il a réalisé en 2016, 10 217 mammographies, 6 957 échographies, 85 cyto-ponctions et 500 biopsies. Il a aussi rejoint, depuis septembre, le tout nouveau programme national de dépistage du cancer colorectal mis en œuvre par le Ministère de la santé. Les médecins comme les soignants du CHL mettent non seulement en œuvre ces programmes à l’hôpital mais participent aussi à leur élaboration, en collaboration avec le Ministère.

Le CHL propose par ailleurs des actions de dépistage personnel pour d'autres types de cancer (par exemple poumon et prostate), ne faisant pas encore l'objet de campagnes nationales. 

Annonce de diagnostic

Une fois toutes les informations collectées, le médecin qui a vu le patient en premier lieu peut établir son diagnostic. Il va préparer l'annonce au patient, en concertation avec l’infirmier/e coordinatrice, qui accompagnera le patient tout au long de son parcours de traitement. Si nécessaire, le médecin et les soignants s’entoureront de tous les professionnels qui pourront aider et soutenir le patient et sa famille : psychologues, assistants sociaux, kinésithérapeutes...Au delà de l'objectif primordial de combattre la maladie, il s’agit de mesurer au mieux et à l'avance, l'impact qu'aura le diagnostic sur la vie du patient, dans toutes ses dimensions personnelles et professionnelles. Cette équipe interdisciplinaire, qui se construit autour du patient, lui permet de se sentir en confiance et bien entouré. C'est une plus value fondamentale dans la prise en charge des personnes atteintes de cancer, qui repose sur les très bonnes relations et la collaboration sans failles entre les professionnels et les spécialités du CHL.

Choix du traitement personnalisé, en pluridisciplinarité 

Le diagnostic de cancer étant posé, le choix du traitement est déterminant. Chaque patient est unique, chaque cancer est spécifique, et les médecins du CHL s’attachent à prescrire des traitements personnalisés, c'est-à-dire adaptés à tel type de cancer chez tel patient. Pour déterminer le traitement personnalisé le plus efficace et avec l’accord du patient, l’oncologue et/ou le médecin spécialiste concerné croise les données cliniques et biologiques, y compris, si nécessaire, génétiques du patient. Il les présente à ses collègues au cours de réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP), mettant en présence des oncologues, des spécialistes d’organes, des chirurgiens, des hématologues, des radiologues. Des spécialistes d’autres institutions luxembourgeoises, comme les radiothérapeutes du Centre Baclesse ou l’anatomopathologiste du LNS participent à ces réunions. Le traitement proposé sera alors discuté et affiné si nécessaire. 

Les chiffres de réunions de concertation pluridisciplinaire

Ce choix thérapeutique personnalisé qui combine l'utilisation de médicaments classiques avec les thérapies les plus innovatrices, peut, si le patient est d'accord, inclure des traitements en phase de recherche. Disponibles grâce aux nombreuses études cliniques oncologiques auxquelles participent les médecins du CHL, ces traitements expérimentaux viennent compléter l'arsenal thérapeutique utilisable, dans le but évident de mieux soigner le patient et d'améliorer sa qualité de vie. 

 

Cancer et recherche au CHL

La fluidité d'un traitement personnalisé

Le plan thérapeutique, c'est à dire le traitement choisi, sera présenté au patient lors de la visite de diagnostic. Le médecin et l’infirmier/e coordinatrice en expliqueront les di érentes étapes, et présenteront la planification des visites, traitements et consultations dans les autres services ou unités du CHL. Le patient doit pouvoir suivre son traitement de manière fluide, sans se sentir dépassé par les contacts médicaux ou administratifs. Il reçoit la date de son premier traitement de chimiothérapie (à l'hôpital de jour oncologique ou en hospitalisation au CHL), ou de radiothérapie (Centre Baclesse dans le sud du Luxembourg), et si nécessaire, la date d’une intervention chirurgicale.

Les patients sont revus au fur et à mesure des cycles thérapeutiques. En fin de traitement ils entrent en phase de surveillance et de réhabilitation. En cas de récidive, un autre traitement peut être proposé, élaboré à nouveau en consultation avec d'autres médecins spécialistes lors des réunions de concertation pluridisciplinaires. 

Les soins palliatifs au CHL

Prévenir et soulager les douleurs des personnes en fin de vie en étant attentif à leurs besoins psychologiques, sociaux et spirituels, intégrer les proches dans la prise en charge et les accompagner dans la maladie et le deuil, promouvoir la philosophie des soins palliatifs à l’hôpital et à l’extérieur, voici les missions des professionnels des soins palliatifs du CHL. Ils interviennent auprès des patients soit directement dans les services d’hospitalisation du CHL, soit au niveau de l’unité fixe de 10 lits située sur le site CHL Eich. 

Un accompagnement de tous les instants

Tout au long de son parcours, le patient peut bénéficier de consultations psychologiques, d'entretiens auprès des assistants sociaux, être aidé par un diététicien pour son alimentation, travailler avec un kinésithérapeute pour sa réhabilitation etc...Le CHL a aussi mis en place de nombreuses conférences et ateliers pour les patients victimes de cancer et pour les membres de leur famille, qui peuvent en apprendre plus sur la maladie, mieux comprendre comment l’intégrer dans toutes les dimensions de leur vie quotidienne, et ainsi mieux l'appréhender et la vivre. 

 

Structure de prise en charge et activité 2016

Le registre hospitalier du cancer : RHC

Mis en place en 2012 au CHL, le registre du cancer (RHC) est un recueil continu, systématique, exhaustif et non redondant de tous les nouveaux cas de cancers diagnostiqués ou pris en charge au CHL. Il permet l'alimentation du registre national du cancer (RNC) géré par le LIH.

Le RNC permet la surveillance épidémiologique descriptive des cancers, l’évaluation des actions de santé publique en matière de prévention et de dépistage du cancer, l’évaluation de la qualité des soins prodigués aux patients cancéreux, le suivi du Plan Cancer national et de la planification des ressources nécessaires. Il est aussi un support à la recherche épidémiologique et clinique.

Initié en 2012 avec les tumeurs du sein, le RHC du CHL comporte depuis 2013 tous les cas de tumeurs solides, et les hémopathies malignes depuis 2014. Les tumeurs chez l’enfant sont également inclues dans le registre.

Registre Hospitalier du Cancer – CHL

Tumeurs avec une incidence en 2016 : 1243

Tumeurs dans le Registre du CHL (fin 2016) : 5416

En 2016

Le CHL a rejoint deux réseaux où collaborent des institutions de premier plan dans la recherche et la conduite d’essais cliniques pour lutter contre le cancer : le réseau mondial WIN (Worldwide Innovative Networking), comptant parmi ses 37 membres l’Institut Curie de Paris, l’Hôpital Universitaire de Kyoto, le Segal Cancer Center de l’Université McGill de Montréal, et des compagnies pharmaceutiques comme Pfizer ... Et, au niveau européen, le nouveau réseau OncoDistinct, aux côtés, entre autres, de l’Institut bruxellois Bordet, de l’hôpital universitaire de Strasbourg ou de l’Institut National des Tumeurs de Milan. En son sein, des médecins à la fois cliniciens et chercheurs peuvent échanger informations et traitements et participer à des projets de recherche communs. Ces deux exemples de collaboration confirment l'importance accordée par le CHL au travail en réseau, et s'ajoutent aux liens nationaux, tissés avec le LIH (Luxembourg Institute of Health), avec l'IBBL (Integrated BioBank Luxembourg), ou avec l'Université de Luxembourg. 

Prise en charge des cancers de l'enfant 

À ce jour, les enfants victimes de cancer au Luxembourg doivent suivre une partie de leur traitement à l’étranger au sein d'hôpitaux avec lesquels le CHL entretient des collaborations très étroites. Toutefois, pour offrir aux enfants et aux parents une sécurité et une continuité de la prise en charge, le CHL projette, en concertation avec le Ministère de la Santé luxembourgeois et conformément aux objectifs du Plan Cancer, la mise en place d’une filière de soins complète pour les cancers des enfants au Luxembourg. 

 

Le CHL présente son « Kriibszentrum »

 

Dépister, Encadrer, Traiter, Soutenir

La pathologie cancéreuse a pour particularité de se développer dans les différents organes du corps humain. La prise en charge du cancer nécessite donc l'implication à la fois de spécialistes de la pathologie cancéreuse et de spécialistes d'organes. L'activité en cancérologie est donc particulière par sa nécessaire transversalité.

Au Luxembourg, comme dans beaucoup de pays industrialisés, l’incidence des cancers n’a cessé d’augmenter depuis les années 1970 (augmentation et vieillissement de la population, etc.). Au CHL seul, plus de 1300 nouveaux patients ont été pris en charge au sein de la filière de cancérologie en 2017. Parallèlement, les progrès médicaux font que les patients vivent plus longtemps avec leur cancer.

Pour organiser au mieux cette activité en constante augmentation et permettre au patient de bénéficier du parcours de soin le plus performant possible, le CHL a mis en place le « CHL Kriibszentrum ». Structure permettant de réunir les intervenants de toutes les disciplines concernées par le parcours du patient dans sa lutte contre le cancer, elle vise à assurer une prise en charge coordonnée et personnalisée. Dans ce contexte, le CHL a également augmenté le nombre de lits d’hospitalisation dédiés à la cancérologie, renforcé son équipe médicale avec pôles de spécialisation et réaménagé son hôpital de jour chimiothérapie. Le CHL Kriibszentrum a ainsi vocation de devenir un partenaire majeur dans l’un des deux réseaux de compétence prévus par la nouvelle loi hospitalière pour la prise en charge des cancers.

Dr Guy Berchem,  médecin oncologue au sein du CHL Kriibszentrum: « le cancer, c’est pour le patient un parcours : il y a un démarrage, des étapes, des tournants, des pauses. Tout au long de ce parcours, il y a des professionnels, certains du début à la fin, d’autres ponctuellement. Au CHL, tous ces professionnels sont réunis au sein du Kriibszentrum pour assurer une prise en charge transversale et pluridisciplinaire ».


La nouvelle brochure « CHL Kriibszentrum »

La nouvelle brochure « CHL Kriibszentrum » (disponible en PDF ici) fait découvrir au lecteur les différents cancers pris en charge au CHL. Du diagnostic clinique aux traitements proposés et au suivi, la brochure permet de mieux comprendre les principaux éléments qui caractérisent chacune de ces pathologies et la manière dont elles sont  prises en charge par les différents « acteurs » impliqués au sein du Kriibszentrum.


Le CHL Kriibszentrum : Dépister, Encadrer, Traiter, Soutenir

Prise en charge transversale et pluridisciplinaire

S’appuyant sur l’expérience des équipes et les évolutions de la médecine, le «Kriibszentrum» du CHL veut offrir une prise en charge complète de tous les types de cancer, de la prévention, au diagnostic et au traitement. Structure transversale reposant sur des équipes pluridisciplinaires dont tous les acteurs « tournent autour du patient », elle assure à tous les meilleurs soins basés sur une prise en charge coordonnée et un parcours de soin personnalisé.

Ce parcours de soin peut être complété par des thérapies innovantes accessibles grâce à la participation de nos médecins à plusieurs projets de recherche.

Les différents soins de support (suivi nutritionnel, psychologique, préservation de la fertilité des jeunes patientes, etc.) sont par ailleurs intégrés dès le début de la prise en charge des patients, pour  leur proposer un accompagnement personnalisé tout au long de leur parcours.

Dès le début de la maladie, le patient est considéré dans sa globalité, en tenant compte de ses peurs, ses angoisses ses liens familiaux et sociaux. Il est activement impliqué dans les décisions thérapeutiques le concernant.

Patient, acteur de sa santé dans sa lutte contre le cancer.


Les acteurs – Expertises réunies

L’organisation de la prise en charge du cancer au CHL est structurée autour du département d’onco-hématologie en collaboration avec l’ensemble des spécialités d’organes et des spécialités médico-techniques.

La collaboration de tous ces professionnels de la santé et la mise en commun de compétences hautement spécialisées sont en effet essentielles pour garantir à chaque patient une prise en charge multidisciplinaire et coordonnée selon un parcours de soin personnalisé.


Les réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP)

Le diagnostic de cancer étant posé, le choix du traitement est déterminant. Au CHL, les stratégies thérapeutiques sont discutées en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP). Lors de ces réunions, les dossiers de tous les patients sont examinés par différents spécialistes, permettant de multiplier les expertises croisées pour cibler la stratégie la plus adaptée. Cette stratégie peut d’ailleurs ouvrir également la possibilité d'accéder à des innovations diagnostiques, thérapeutiques ou à des essais thérapeutiques.

Ces RCP sont de différents types. Chacune est dédiée aux cancers d’un organe ou d’un groupe d’organes. Lors des « chest meetings » par exemple, tous les cas relatifs à l’oncologie thoracique, et plus particulièrement le cancer du poumon, sont discutés.

Au CHL, chaque RCP comprend au minimum un oncologue, un spécialiste d’organe, un radiothérapeute, un chirurgien et tout autre praticien concerné par la pathologie cancéreuse traitée. Cette composition est adaptée au type de cancer étudié. Ces RCP se tiennent généralement 1 fois par semaine. Cette périodicité est très importante car elle permet de ne pas retarder la mise en place du traitement.


Les Infirmières coordinatrices – la fluidité d’un traitement personnalisé

Afin de permettre à nos patients de bénéficier d’un parcours clinique personnalisé et coordonné en respect de leurs attentes et besoins physiques et psycho-sociaux, le CHL s’est doté, depuis 2012, de plusieurs infirmières coordinatrices spécialisées ou « case managers »

Elles suivent les patients tout au long de leur parcours clinique. « Leurs principales missions sont de coordonner le flux et la prise en charge dès l’annonce du diagnostic et d’accompagner le patient/la famille tout en travaillant en équipe pluridisciplinaire ».


Nouvel Hôpital de Jour Chimiothérapie

Afin de faciliter l’accueil d’un plus grand nombre de patients et pour un meilleur confort de prise en charge, le CHL a réaménagé son Hôpital de Jour Chimiothérapie. L’équipe médicale du service a quant à elle été étoffée de deux médecins oncologues pour faire face à l’augmentation de l’activité.

Installé au 1er étage du CHL Centre, le nouvel Hôpital de Jour Chimiothérapie répond à un double objectif : offrir plus de confort et de confidentialité aux malades et faire face à l'augmentation de l'activité en cancérologie.

Cinq boxes de soins lumineux, équipés de un à quatre fauteuils, ont été créés, offrant dorénavant une capacité d'accueil de 14 places de traitement. On y retrouve des couleurs apaisantes, des plafonds lumineux créant l'illusion d'optique du ciel, des espaces de soins plus intimes, des fauteuils ergonomiques et des télévisions pour un meilleur confort du patient.

Mme Monique Birkel, Directrice des soins au CHL, à propos de cette structure: « dans cette unité, le patient reste en moyenne entre 1h et 3h, en fonction des soins réalisés. Ce mode de fonctionnement permet de dispenser e.a. des cures de chimiothérapie et l’administration des immunothérapies en ambulatoire et de répondre à la demande des malades, qui préfèrent rentrer chez eux. Des actes soignants tels que prises de sang et pansements y sont également réalisés. »


Nouvelles formes de prises en charge

Les guérisons de cancer sont de plus en plus nombreuses grâce aux progrès thérapeutiques et diagnostiques. Ces progrès permettent aussi une amélioration significative de la durée et de la qualité de vie pour une majorité de patients.

A. Zoom sur les immunothérapies: Succès récents et perspectives 

L’immunothérapie cherche à mobiliser le système immunitaire du patient, à l’activer et à le pousser à jouer son rôle de défenseur de l’organisme face à la maladie. La recherche en cancérologie a longtemps voulu utiliser l’immunothérapie comme traitement du cancer, sans succès. Puis, très récemment, les chercheurs ont fait de nouveaux progrès, ont mieux compris comment les cellules tumorales parviennent à bloquer les « alertes » du système immunitaire, et ont commencé à développer les traitements. En quelques années, chercheurs et médecins cancérologues ont réussi à développer de nouvelles thérapies qui font déjà partie de la prise en charge standardisée du cancer et dont l’efficacité, sur certains types de cancer (notamment le cancer du poumon ou le mélanome) a été prouvée.

Les médecins du CHL se sont intéressés très tôt aux possibilités offertes par l’immunothérapie et ont participé depuis une dizaine d’années à plusieurs études sur le mélanome.  Aujourd’hui au CHL, l’immunothérapie se combine avec la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie dans le traitement standard de certains cancers pour renforcer les résultats, voire permettre une guérison complète. Au-delà de cet espoir de guérison totale, l’immunothérapie est moins lourde pour l’organisme, et ses effets secondaires sont moins forts que la chimiothérapie ou la radiothérapie classiques.

B. Zoom Nouveautés en chirurgie

La fluorescence en chirurgie

Il y a vingt ans, les chirurgiens opéraient de manière « ouverte », avec des incisions larges sur le corps de leurs patients. Ils n’avaient de vision que celle à taille réelle de la zone à opérer. En quelques années, les révolutions chirurgicales se sont succédées: la chirurgie non invasive s’est imposée, grâce à laquelle les chirurgiens atteignent leur cible en faisant des incisions minimes, par lesquelles passent une caméra permettant une vue magnifiée de la zone d’intervention, et les instruments chirurgicaux que le spécialiste va utiliser avec une plus grande précision. En chirurgie abdominale et des viscères, cette technique, qui porte le nom de laparoscopie, se complète depuis quelques années d’un procédé appelé la fluorescence, c'est-à-dire de l’utilisation d’une substance fluorescente, qui, injectée au patient, va optimiser le regard du chirurgien. Au CHL, l’équipe chirurgicale utilise le vert d’indocyanine, une substance non allergène, sans contre-indication et inoffensive pour les patients dans plusieurs situations per-opératoires (pendant l’opération). À titre d’exemple :

  • Fluorescence et ganglions sentinelles

Injecté au niveau de la tumeur cancéreuse, le vert d’indocyanine permet de voir les ganglions « de la tumeur », qui ont déjà pu se développer à quelques centimètres. Il est alors possible soit d’enlever ces ganglions, soit de prescrire le traitement le mieux adapté à leur destruction.

  • Fluorescence et cancer «  chirurgie du foie »

De la même façon l’utilisation de la fluorescence permet au chirurgies de mieux cibler des localisations tumorales localisées dans les foie (métastases d’un cancer du gros intestin par exemple) et de mieux les traiter tout en réalisant des gestes de chirurgie moins agressifs.


Protocoles de recherche en cours au CHL

Le CHL s’est traditionnellement impliqué dans la recherche sur le cancer. Comme pour le traitement et le suivi clinique du cancer, la recherche est souvent multidisciplinaire, impliquant plusieurs spécialités médicales et des approches différentes d’un même problème. A ce jour, les médecins du CHL participent :

  • à des projets de recherche fondamentale, soit par leur contribution à des collections d’échantillons de tumeurs cancéreuses, soit par leur participation aux travaux de recherche fondamentale menés au sein d’institutions partenaires comme le LIH ou le LCSB,
  • à des projets de recherche clinique, c'est-à-dire concernant des médicaments et des traitements expérimentaux.

Dépister, Encadrer, Traiter, Soutenir

Le CHL présente son « Kriibszentrum »

 

Dépister, Encadrer, Traiter, Soutenir

La pathologie cancéreuse a pour particularité de se développer dans les différents organes du corps humain. La prise en charge du cancer nécessite donc l'implication à la fois de spécialistes de la pathologie cancéreuse et de spécialistes d'organes. L'activité en cancérologie est donc particulière par sa nécessaire transversalité.

Au Luxembourg, comme dans beaucoup de pays industrialisés, l’incidence des cancers n’a cessé d’augmenter depuis les années 1970 (augmentation et vieillissement de la population, etc.). Au CHL seul, plus de 1300 nouveaux patients ont été pris en charge au sein de la filière de cancérologie en 2017. Parallèlement, les progrès médicaux font que les patients vivent plus longtemps avec leur cancer.

Pour organiser au mieux cette activité en constante augmentation et permettre au patient de bénéficier du parcours de soin le plus performant possible, le CHL a mis en place le « CHL Kriibszentrum ». Structure permettant de réunir les intervenants de toutes les disciplines concernées par le parcours du patient dans sa lutte contre le cancer, elle vise à assurer une prise en charge coordonnée et personnalisée. Dans ce contexte, le CHL a également augmenté le nombre de lits d’hospitalisation dédiés à la cancérologie, renforcé son équipe médicale avec pôles de spécialisation et réaménagé son hôpital de jour chimiothérapie. Le CHL Kriibszentrum a ainsi vocation de devenir un partenaire majeur dans l’un des deux réseaux de compétence prévus par la nouvelle loi hospitalière pour la prise en charge des cancers.

Dr Guy Berchem,  médecin oncologue au sein du CHL Kriibszentrum: « le cancer, c’est pour le patient un parcours : il y a un démarrage, des étapes, des tournants, des pauses. Tout au long de ce parcours, il y a des professionnels, certains du début à la fin, d’autres ponctuellement. Au CHL, tous ces professionnels sont réunis au sein du Kriibszentrum pour assurer une prise en charge transversale et pluridisciplinaire ».


La nouvelle brochure « CHL Kriibszentrum »

La nouvelle brochure « CHL Kriibszentrum » (disponible en PDF ici) fait découvrir au lecteur les différents cancers pris en charge au CHL. Du diagnostic clinique aux traitements proposés et au suivi, la brochure permet de mieux comprendre les principaux éléments qui caractérisent chacune de ces pathologies et la manière dont elles sont  prises en charge par les différents « acteurs » impliqués au sein du Kriibszentrum.


Le CHL Kriibszentrum : Dépister, Encadrer, Traiter, Soutenir

Prise en charge transversale et pluridisciplinaire

S’appuyant sur l’expérience des équipes et les évolutions de la médecine, le «Kriibszentrum» du CHL veut offrir une prise en charge complète de tous les types de cancer, de la prévention, au diagnostic et au traitement. Structure transversale reposant sur des équipes pluridisciplinaires dont tous les acteurs « tournent autour du patient », elle assure à tous les meilleurs soins basés sur une prise en charge coordonnée et un parcours de soin personnalisé.

Ce parcours de soin peut être complété par des thérapies innovantes accessibles grâce à la participation de nos médecins à plusieurs projets de recherche.

Les différents soins de support (suivi nutritionnel, psychologique, préservation de la fertilité des jeunes patientes, etc.) sont par ailleurs intégrés dès le début de la prise en charge des patients, pour  leur proposer un accompagnement personnalisé tout au long de leur parcours.

Dès le début de la maladie, le patient est considéré dans sa globalité, en tenant compte de ses peurs, ses angoisses ses liens familiaux et sociaux. Il est activement impliqué dans les décisions thérapeutiques le concernant.

Patient, acteur de sa santé dans sa lutte contre le cancer.


Les acteurs – Expertises réunies

L’organisation de la prise en charge du cancer au CHL est structurée autour du département d’onco-hématologie en collaboration avec l’ensemble des spécialités d’organes et des spécialités médico-techniques.

La collaboration de tous ces professionnels de la santé et la mise en commun de compétences hautement spécialisées sont en effet essentielles pour garantir à chaque patient une prise en charge multidisciplinaire et coordonnée selon un parcours de soin personnalisé.


Les réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP)

Le diagnostic de cancer étant posé, le choix du traitement est déterminant. Au CHL, les stratégies thérapeutiques sont discutées en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP). Lors de ces réunions, les dossiers de tous les patients sont examinés par différents spécialistes, permettant de multiplier les expertises croisées pour cibler la stratégie la plus adaptée. Cette stratégie peut d’ailleurs ouvrir également la possibilité d'accéder à des innovations diagnostiques, thérapeutiques ou à des essais thérapeutiques.

Ces RCP sont de différents types. Chacune est dédiée aux cancers d’un organe ou d’un groupe d’organes. Lors des « chest meetings » par exemple, tous les cas relatifs à l’oncologie thoracique, et plus particulièrement le cancer du poumon, sont discutés.

Au CHL, chaque RCP comprend au minimum un oncologue, un spécialiste d’organe, un radiothérapeute, un chirurgien et tout autre praticien concerné par la pathologie cancéreuse traitée. Cette composition est adaptée au type de cancer étudié. Ces RCP se tiennent généralement 1 fois par semaine. Cette périodicité est très importante car elle permet de ne pas retarder la mise en place du traitement.


Les Infirmières coordinatrices – la fluidité d’un traitement personnalisé

Afin de permettre à nos patients de bénéficier d’un parcours clinique personnalisé et coordonné en respect de leurs attentes et besoins physiques et psycho-sociaux, le CHL s’est doté, depuis 2012, de plusieurs infirmières coordinatrices spécialisées ou « case managers »

Elles suivent les patients tout au long de leur parcours clinique. « Leurs principales missions sont de coordonner le flux et la prise en charge dès l’annonce du diagnostic et d’accompagner le patient/la famille tout en travaillant en équipe pluridisciplinaire ».


Nouvel Hôpital de Jour Chimiothérapie

Afin de faciliter l’accueil d’un plus grand nombre de patients et pour un meilleur confort de prise en charge, le CHL a réaménagé son Hôpital de Jour Chimiothérapie. L’équipe médicale du service a quant à elle été étoffée de deux médecins oncologues pour faire face à l’augmentation de l’activité.

Installé au 1er étage du CHL Centre, le nouvel Hôpital de Jour Chimiothérapie répond à un double objectif : offrir plus de confort et de confidentialité aux malades et faire face à l'augmentation de l'activité en cancérologie.

Cinq boxes de soins lumineux, équipés de un à quatre fauteuils, ont été créés, offrant dorénavant une capacité d'accueil de 14 places de traitement. On y retrouve des couleurs apaisantes, des plafonds lumineux créant l'illusion d'optique du ciel, des espaces de soins plus intimes, des fauteuils ergonomiques et des télévisions pour un meilleur confort du patient.

Mme Monique Birkel, Directrice des soins au CHL, à propos de cette structure: « dans cette unité, le patient reste en moyenne entre 1h et 3h, en fonction des soins réalisés. Ce mode de fonctionnement permet de dispenser e.a. des cures de chimiothérapie et l’administration des immunothérapies en ambulatoire et de répondre à la demande des malades, qui préfèrent rentrer chez eux. Des actes soignants tels que prises de sang et pansements y sont également réalisés. »


Nouvelles formes de prises en charge

Les guérisons de cancer sont de plus en plus nombreuses grâce aux progrès thérapeutiques et diagnostiques. Ces progrès permettent aussi une amélioration significative de la durée et de la qualité de vie pour une majorité de patients.

A. Zoom sur les immunothérapies: Succès récents et perspectives 

L’immunothérapie cherche à mobiliser le système immunitaire du patient, à l’activer et à le pousser à jouer son rôle de défenseur de l’organisme face à la maladie. La recherche en cancérologie a longtemps voulu utiliser l’immunothérapie comme traitement du cancer, sans succès. Puis, très récemment, les chercheurs ont fait de nouveaux progrès, ont mieux compris comment les cellules tumorales parviennent à bloquer les « alertes » du système immunitaire, et ont commencé à développer les traitements. En quelques années, chercheurs et médecins cancérologues ont réussi à développer de nouvelles thérapies qui font déjà partie de la prise en charge standardisée du cancer et dont l’efficacité, sur certains types de cancer (notamment le cancer du poumon ou le mélanome) a été prouvée.

Les médecins du CHL se sont intéressés très tôt aux possibilités offertes par l’immunothérapie et ont participé depuis une dizaine d’années à plusieurs études sur le mélanome.  Aujourd’hui au CHL, l’immunothérapie se combine avec la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie dans le traitement standard de certains cancers pour renforcer les résultats, voire permettre une guérison complète. Au-delà de cet espoir de guérison totale, l’immunothérapie est moins lourde pour l’organisme, et ses effets secondaires sont moins forts que la chimiothérapie ou la radiothérapie classiques.

B. Zoom Nouveautés en chirurgie

La fluorescence en chirurgie

Il y a vingt ans, les chirurgiens opéraient de manière « ouverte », avec des incisions larges sur le corps de leurs patients. Ils n’avaient de vision que celle à taille réelle de la zone à opérer. En quelques années, les révolutions chirurgicales se sont succédées: la chirurgie non invasive s’est imposée, grâce à laquelle les chirurgiens atteignent leur cible en faisant des incisions minimes, par lesquelles passent une caméra permettant une vue magnifiée de la zone d’intervention, et les instruments chirurgicaux que le spécialiste va utiliser avec une plus grande précision. En chirurgie abdominale et des viscères, cette technique, qui porte le nom de laparoscopie, se complète depuis quelques années d’un procédé appelé la fluorescence, c'est-à-dire de l’utilisation d’une substance fluorescente, qui, injectée au patient, va optimiser le regard du chirurgien. Au CHL, l’équipe chirurgicale utilise le vert d’indocyanine, une substance non allergène, sans contre-indication et inoffensive pour les patients dans plusieurs situations per-opératoires (pendant l’opération). À titre d’exemple :

  • Fluorescence et ganglions sentinelles

Injecté au niveau de la tumeur cancéreuse, le vert d’indocyanine permet de voir les ganglions « de la tumeur », qui ont déjà pu se développer à quelques centimètres. Il est alors possible soit d’enlever ces ganglions, soit de prescrire le traitement le mieux adapté à leur destruction.

  • Fluorescence et cancer «  chirurgie du foie »

De la même façon l’utilisation de la fluorescence permet au chirurgies de mieux cibler des localisations tumorales localisées dans les foie (métastases d’un cancer du gros intestin par exemple) et de mieux les traiter tout en réalisant des gestes de chirurgie moins agressifs.


Protocoles de recherche en cours au CHL

Le CHL s’est traditionnellement impliqué dans la recherche sur le cancer. Comme pour le traitement et le suivi clinique du cancer, la recherche est souvent multidisciplinaire, impliquant plusieurs spécialités médicales et des approches différentes d’un même problème. A ce jour, les médecins du CHL participent :

  • à des projets de recherche fondamentale, soit par leur contribution à des collections d’échantillons de tumeurs cancéreuses, soit par leur participation aux travaux de recherche fondamentale menés au sein d’institutions partenaires comme le LIH ou le LCSB,
  • à des projets de recherche clinique, c'est-à-dire concernant des médicaments et des traitements expérimentaux.