Dr Jean Bottu, Médecin spécialisé en néonatologie – maître de stage

« Je suis maître de stage en pédiatrie et en néonatologie pour les médecins en voie de spécialisation, c’est-à-dire les médecins qui ont terminé leur formation générale en médecine et entament leur spécialisation. Ce titre de maître de stage m’a été accordé par le Ministère belge fédéral de la Santé, sur base de mes diplômes et de mon expérience professionnelle. J’apprécie beaucoup le contact avec ces jeunes médecins, qui viennent apprendre auprès de nous, mais qui nous apprennent aussi beaucoup. Ils ont un regard neuf, ont vécu des expériences différentes et ils voient les choses d’une autre manière aussi. Je trouve très intéressant de les accueillir.

La reconnaissance du Ministère belge me permet d’accueillir jusqu’à 6 stagiaires en même temps. Les premières années, le CHL avait du mal à recruter des jeunes médecins : nous n’étions pas vraiment connus par les uni- versités belges, qui ne pouvaient pas juger de la qualité de la formation que nous pourrions dispenser. Au fil des années toutefois, nous avons réussi à faire notre place et à être reconnu par l’Université de Louvain (UCL) ou par l’Université de Liège comme un partenaire privilégié. Les jeunes médecins qui passent au CHL semblent très contents de l’expérience : ici, ils sont confrontés à de très nombreuses pathologies, puisque le CHL reçoit des petits patients venant de tout le Luxembourg. Le drainage de population n’est pas toujours aussi important dans les hôpitaux belges et souvent, nos internes nous ont dit être impressionnés par le nombre de pathologies différentes qu’ils ont pu traiter.

Nous recevons des jeunes médecins dont les niveaux de formation sont différents : certains entament leur spécialisation, d’autres ont déjà quelques années d’expérience. Il est important de jauger rapidement leur niveau d’expérience, pour voir ce qu’ils savent déjà faire et ce qu’il faut suivre à leurs côtés. J’arrive à suivre parfois ce que deviennent ces jeunes qui passent par le CHL : certains sont engagés dans des hôpitaux de la grande région, d’autres ont monté leur cabinet privé, une est chef de service à Arlon, l’autre professeur en maladies infectieuses. Je ne me souviens pas avoir eu l’écho de mauvaises expériences de formation au CHL, d’ailleurs les jeunes doivent se passer le mot puisque nous n’avons aucun mal à recruter de nouveaux médecins quand les « anciens » nous quittent ! »

 

Stephan Berthold, Etudiant à l’Université de la Sarre

« Je suis en 6ème année de médecine, en Allemagne, à l’Université de la Sarre. C’est ma dernière année d’études, le « Praktisches Jahr » allemand. C’est une année particulière parce qu’elle n’est composée que de stages, que nous devons faire dans différents services, et que nous pouvons aussi faire dans plusieurs hôpitaux. Moi, j’ai décidé de passer toute l’année au CHL, et je suis déjà resté plusieurs mois en médecine interne dans les services de gastro-entérologie, hématologie, cardiologie, policlinique et maladies infectieuses. Je passe maintenant quatre mois en anesthésie, puis je ferai la dernière partie de mon stage en chirurgie.

Je connais maintenant bien le CHL, j’avais déjà fait un premier stage de quelques semaines l’année dernière en neurologie... A la fin de cette dernière année, j’aurais pratiquement vu tous les services ! Je suis très content de mon expérience actuelle en anesthésie. L’équipe est formidable, les médecins prennent le temps de nous montrer ce qu’ils font et comment, les infirmières aussi nous expliquent beaucoup. C’est un vrai travail d’équipe, et j’aime bien l’ambiance.

Chaque fois que je dois intervenir auprès d’un patient, je me présente, j’explique que je suis en dernière année d’études, que je me forme auprès du médecin qui va s’occuper de lui, et que je peux faire un premier examen que je discuterai ensuite avec le médecin. Avoir l’autonomie de faire mon propre diagnostic, que je peux ensuite discuter avec le médecin en charge, c’est très important, c’est la meilleure manière d’apprendre et d’être capable, à la fin de mes études, de traiter seul des patients.

Je suis luxembourgeois, et je souhaite revenir pratiquer la médecine au Luxembourg à la fin de mes études, peut être même au CHL. Je me suis dirigé vers la médecine un peu « par hasard », à la fin du lycée ; j’étais très bon en biologie, mon grand frère avait déjà décidé de devenir médecin et je me suis dit alors « pourquoi pas ». Six années plus tard, je suis content de mon choix, je réalise à quel point le métier de médecin est beau, j’aime le contact avec les patients et je suis très heureux de travailler au CHL. C’est un métier difficile, il y a beaucoup à faire, mais c’est un beau métier. »

 

Mélanie Kirsch, Etudiante à l’Université Catholique de Louvain (UCL) 

« Je suis en 6ème année d’études de médecine à l’UCL (Université Catholique de Louvain) en Belgique. C’est mon avant dernière année d’études, en Belgique les études de médecine s’étalent sur 7 ans. La sixième et la septième années sont essentiellement pratiques, composées de stages d’au moins deux mois, obligatoires en chirurgie, pédiatrie, médecine interne, urgence et gynécologie obstétrique. Je fais au CHL les stages de méde- cine interne, gynécologie et pédiatrie.

Après le lycée, je voulais un jour faire de la recherche et diriger mon propre laboratoire. Lorsque j’en ai parlé autour de moi, on m’a conseillé de faire des études de médecine, en me disant que c’était la meilleure voie pour arriver à la recherche. Aujourd’hui, après toutes ces années, je sais que c’est la médecine qui m’intéresse, et je suis vraiment contente de mon choix. Je crois que je voudrais me spécialiser en chirurgie pédiatrique, mais j’ai encore le temps de décider.

Je suis luxembourgeoise, j’aime mon pays le Luxembourg et je voulais pouvoir revenir faire une partie de mon internat ici. J’aime bien le CHL aussi, c’est un hôpital très « familial », plus petit que les grands hôpitaux belges où on se sent parfois un peu perdu.

Mon expérience la plus marquante au CHL jusqu’à présent, je dirai que ce sont les quelques semaines passées en hémato-cancérologie. C’est un service difficile, psychologiquement c’est dur, mais l’équipe est formidable. Les médecins m’ont beaucoup encadrée, ils m’ont donné beaucoup d’explications, j’ai toujours pu poser toutes les questions que je souhaitais. J’ai beaucoup appris. »