De nouvelles explications éclairent les troubles visuels chez les patients atteints de Parkinson

 

>Luxembourg / Chicago, le 08 mai 2014. Des neuroscientifiques du Centre Hospitalier de Luxembourg et de l’Université du Luxembourg ainsi que du Rush University Medical Center à Chicago (Etats-Unis) ont réussi, pour la première fois, à identifier une partie des voies nerveuses responsables des troubles visuels fréquemment observés chez les patients souffrant de la maladie de Parkinson. Leur approche novatrice „Perte de la vision aveugle“ a été publiée dans l’édition actuelle de la revue spécialiséeBrain“.

 

La „vision aveugle“ est un phénomène étrange, observé chez les personnes aveugles dont les aires visuelles corticales du cerveau ont été endommagées. Grâce au bon fonctionnement de certaines voies nerveuses, ces personnes restent quand-même capables de réagir à certaines informations visuelles, bien que celles-ci ne peuvent pas être transmises aux centres cérébraux supérieurs dédiés à la vision.

Pour expliquer ce phénomène, il est supposé qu’une petite quantité de l’information visuelle est néanmoins transmise inconsciemment à l’aide d‘ autres voies visuelles spécifiques.
Grâce à la vision aveugle, les personnes non-voyantes parviennent à localiser de façon subconsciente une source lumineuse, à tourner leurs yeux inconsciemment dans le bon sens et à deviner les émotions, tels que danger ou colère, manifestés par un visage. Tous les hommes disposent de ce système qui nous permet, presque comme un réflexe, de réagir rapidement et inconsciemment à des stimulations visuelles.

Les chercheurs regroupés autour du Dr Nico Diederich ont maintenant découvert qu’un bon nombre des troubles visuels observés chez les patients souffrant de la maladie de Parkinson fonctionnent en sens contraire: alors que ces patients disposent d’une vision normale, ils sont ralentis dans les mouvements oculaires et ont des difficultés à suivre du regard des objets qui bougent. En outre, ces patients souffrent d’une baisse de la sensibilité au contraste ainsi que d’une capacité réduite d’analyser les émotions manifestées par un visage en face. En résumé, ces patients ont „perdu la vision aveugle“.

A l’aide de ce nouveau modèle explicatif, les chercheurs ont acquis des connaissances sur les aires cérébrales responsables de ces troubles visuels. Effectivement, certaines sont bien chargées de corps de Léwy, inclusions cellulaires typiques de la maladie. Ils ont démontré pour la première fois que ces troubles sont dus à des perturbations dans ces voies anciennes du point de vue ‚évolution’.

Un tiers des plus de 5 millions de patients de Parkinson dans le monde souffrent, outre les troubles déjà mentionnés, d’hallucinations visuelles. Souvent, il s’agit d’ “hallucinations de passage“, lors desquelles des stimuli visuels normaux provoquent chez le patient de brèves visions furtives d’animaux ou de personnes en mouvement. Les voies nerveuses concernées peuvent être les mêmes que celles responsables des troubles visuels illustrés ci- dessus. Les réactions ralenties ou inadéquates à des objets en mouvement affectent probablement aussi l‘aptitude à la conduite des patients parkinsoniens .

“Nous avons analysé tous les troubles visuels connus et les avons comparés à la vision aveugle. Suite à ces analyses, il s’est avéré que les problèmes de vision des patients de Parkinson doivent être dus en bonne partie au dysfonctionnement de ces anciennes voies visuelles. “, explique le Dr Nico J. Diederich, neurologue au Centre Hospitalier de Luxembourg et chercheur au „Luxembourg Centre for Systems Biomedicine“ de l’Université du Luxembourg, qui a co-rédigé cette publication avec les Dr Glenn Stebbins et Christopher et Dr G. Goetz (Rush University Medical Center) ainsi qu’avec le Dr Christine Schiltz (Université du Luxembourg). Les chercheurs espèrent que leurs résultats incitent d’autres collègues à jeter un „nouveau regard“ sur les phénomènes inconscients ou automatiques perturbés dans la maladie de Parkinson afin de mieux comprendre les processus concernés. 

Original publication: Nico J Diederich, Glenn Stebbins, Christine Schiltz, Christopher Goetz (2014) Are patients with Parkinson’s disease blind to blindsight? Brain ; doi: 10.1093/brain/awu/094

 

Communiqué par l’Université du Luxembourg et le Centre Hospitalier de Luxembourg

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