Gastro-entérite chez l’enfant

Qu’est-ce qu’une gastro-entérite ?

C’est le début aigu d’une diarrhée, avec ou sans nausées, vomissements, fièvre ou douleur abdominale.

La diarrhée est un changement dans la fréquence et/ou la consistance des selles habituelles de l’enfant.

Quel est le danger d’une gastro-entérite ?

La principale complication est la déshydratation, c’est à dire le manque de liquide dans l’organisme.

Quels sont les signes de la déshydratation de l’enfant ?

Il faut surveiller la perte de poids, elle est le premier signe de la déshydratation.

D’autres signes sont : 

  • L’apathie, c’est à dire l’enfant qui dort beaucoup
  • Les lèvres et la langue sèches
  • Les yeux cernés et enfoncés
  • Les mains et les pieds froids.

Quand faut-il voir un médecin ou venir à l’hôpital ?

Les dangers d’une gastro-entérite sont:

  • Si les vomissements persistent et/ou si l’enfant refuse de boire.
  • Si votre enfant est apathique (il dort beaucoup), hypotonique (il se laisse aller quand vous le portez), pâle.
  • Si votre enfant a une fièvre élevée, des douleurs abdominales importantes ou du sang dans les selles.
  • Si votre enfant présente de la diarrhée après un voyage à l’étranger.

Quel est le traitement de la gastro-entérite ?

La «réalimentation précoce» et la «réhydratation orale» constituent l’essentiel du traitement. Les médi­caments «contre les vomissements» ou «contre la diarrhée» sont inefficaces et inutiles dans plus de 90% des cas.

  • Votre enfant pèse : ......................................................................... kg
  • Sa perte de poids est estimée à : .............................................. kg
  • Soit une déshydratation de : ........................................................ %
  • Il doit boire : .......................................... ml de soluté en 4 heures.
  • 1/3 durant la 1ère heure, soit : ..................................... ml de soluté
  • 2/3 durant les 3 heures suivantes, soit ................ ml de soluté
  • Si votre enfant a beaucoup de selles, il faut ajouter 10 ml / kg de poids / selle liquide, soit : .......................................................................................... ml de soluté / selle

Comment donner la solution de réhydratation ?

  • Le biberon est la méthode de premier choix.
  • Au lieu du biberon ou si vomissement de celui-ci, utiliser la petite cuillère ou la seringue.
  • Cette méthode est très efficace en cas de vomissement et permet de donner à l’enfant un volume important de soluté en peu de temps : p. ex. 5 ml toutes les 1 à 2 minutes = 150 à 300ml en 1 heure.
  • Sonde naso-gastrique en alimentation continue si les vomissements sont répétés, si l’enfant est fatigué.

En 4 à 6 heures votre enfant doit aller mieux (regarder le poids, les signes de déshydration, les urines).

Si l'enfant ne présente pas de signes de déshydratation

1 seule phase : la ré-alimentation précoce 

La réalimentation précoce peut être entreprise immédiatement. Vous trouvez ci-dessous un tableau comprenant les aliments conseillés et les aliments à éviter : 

Âge : Moins de 4 mois
Aliments conseillés : Lait maternel si l'enfant est allaité, hydrolysat de protéines de lait de vache qu'on trouve en pharmacie (ex:Alfaré, Pepti-junior) pendant 1 à 2 semaines.
Aliments à éviter : Lait de soya

Âge : Entre 4 et 12 mois
Aliments conseillés : Lait maternel si l'enfant est allaité, lait habituel de l'enfant en concentration normale (1 mesure par 30ml d'eau), alimentation solide adaptée à l'âge.
Aliments à éviter : Lait de soya 

Âge : Plus de 12 mois
Aliments conseillés : Lait de vache entier, alimentation solide adaptée à l'âge, riz, pommes de terre, pain et céréales, yaourt, légumes (carottes), viande maigre, fruits (banane, pommes, coings).
Aliments à éviter : tout ce qui contient des "sucres rapides" (thés sucrés, jus, limonades), les graisses animales, viandes grasses, oeufs, fromages.

Et si la diarrhée persiste ou revient ?

Si la diarrhée dure longtemps (5 à 7 jours) ou si elle recommence, il faut revoir un médecin.

Il demandera une analyse des selles par le laboratoire.
Il envisagera peut-être de prescrire un lait sans lactose.

Que faire pour prévenir la gastro-entérite ?

Prendre des mesures d’hygiène :    

  • Se laver les mains après un changement de couches, après passage aux toilettes et après avoir préparé à manger.
  • Attention à la viande crue.
  • Cuisiner les aliments à la température recommandée.
  • Nettoyer les ustensiles de cuisine à l’eau chaude et au détergent.
  • Bien laver les fruits et les légumes.
  • Eviter le lait et les jus non pasteurisés.

Quand mon enfant peut-il retourner à la crèche ?

Après normalisation des selles pendant 24 heures.

Comment savoir si la gastro-entérite est guérie ?

Si les selles se normalisent (moins liquides, moins fréquentes).

Prise en charge de la gastro-entérite aigüe aux urgences pédiatriques

La gastro-entérite, en particulier celle à rotavirus, était jusqu’à peu une des causes les plus fréquentes d’hospitalisation en pédiatrie, avec une durée moyenne d’hospitalisation de 2,5 jours. L’introduction de la vaccination systématique de tous les nourrissons depuis 2007 au Luxembourg, la modification de la structure hospitalière, la mise à disposition de nouveaux traitements, et un protocole de prise en charge amélioré ont fait chuter le nombre d’hospitalisations pour gastro-entérite aigue de 142 en 2008, à 25 en 2014. Depuis 2007 et l’ouverture des nouveaux locaux d’urgences pédiatriques, la KannerKlinik dispose de 3 lits d’hospitalisation de courte durée, appelés « lits-portes », (10 heures en moyenne).

Cette unité permet une prise en charge rapide et efficace des gastro-entérites, y compris celles compliquées de déshydratation. Un protocole de réhydratation rapide (en 4 à 6 heures) a été mis en place, amélioré par l’utilisation d’anti-émétiques oraux puissants en une seule dose. Ceci a permis une optimisation de la prise en charge des gastro-entérites aux urgences pédiatriques, minimisant le temps de l’inconfort et du séjour à l’hôpital pour les enfants et leurs parents, diminuant ainsi le coût de la prise en charge, mais aussi le coût social lié aux congés pour les parents.