Le mot « cancer » est générique. Il recouvre plus de 200 types de maladies, différentes dans leur origine, leur développement et leur traitement, selon les cellules dans lesquelles elles sont apparues. Le cancer, au Luxembourg, est la deuxième cause de mortalité chez les femmes, la première chez les hommes. Lutter contre le cancer, c’est bien entendu prévenir et traiter la maladie, mais c’est aussi chercher de nouveaux traitements, plus efficaces, qui permettront de guérir un plus grand nombre de personnes en leur offrant une meilleure qualité de vie. Au Luxembourg, le Plan Cancer national, élaboré sous l’égide du Ministère de la Santé, cherche à fédérer l’ensemble des acteurs dont le CHL, autour de grands objectifs à atteindre.

Le CHL s’est traditionnellement impliqué dans la recherche sur le cancer, par l’engagement de plusieurs de ses médecins, non seulement spécialisés en cancérologie mais aussi dans d’autres disciplines, comme la pneumologie, la neurochirurgie, ou l’ORL. Comme pour le traitement et le suivi clinique du cancer, la recherche est souvent multidisciplinaire, impliquant plusieurs spécialités médicales et des approches différentes d’un même problème. A ce jour, les médecins du CHL participent :

  • à des projets de recherche fondamentale, par leur contribution à des collections d’échantillons de tumeurs cancéreuses, ou par leur participation aux travaux de recherche fondamentale menés au sein d’institutions partenaires comme le LIH ou le LCSB,
  • à des projets de recherche clinique, donc concernant des médicaments et des traitements expérimentaux. 

Études en cours

 

CANCER DE LA PROSTATE

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Il peut se métastaser (croissance du cancer à distance de la prostate après migration des cellules cancéreuses par voie sanguine) dans les os. La survie des patients atteints de ces métastases est alors significativement impactée (80% de décès dans les 5 ans).

  • Registre d’observation du traitement du cancer de la prostate avancé

Le registre a pour but de documenter la prise en charge médicale de ce cancer en recueillant des informations liées à l'utilisation des traitements standards ou de routine. L’évolution de la maladie sera documentée au travers du suivi médical et des examens cliniques. Le patient Il complètera ces informations par sa vision du cancer de la prostate, de son état de santé général et de son bien-être. Un total d'environ 3000 patients participera à cette étude en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

  • Evaluation d'un médicament au Radium 223 injecté dans le traitement du cancer de la prostate avec métastases osseuses

Le but de cette étude est d'observer les résultats à court et long terme d'un traitement au Radium 223, médicament injecté dans le sang et agissant spécifiquement sur les cellules tumorales présentes dans les os. Ce traitement standard est déjà disponible sur le marché.  Plus de 1000 patients aux Etats-Unis et en Europe seront inclus dans l’étude. La sécurité, la tolérance au médicament, le taux de rechute et de survie des patients seront évalués jusqu'à 7 ans après la dernière administration du Radium 223.

 

CANCER DU CERVEAU

  • Les capacités d'adaptation et de développement des tumeurs cérébrales

Le glioblastome est la tumeur maligne du cerveau la plus agressive et mortelle (espérance de vie d’environ 15 mois). Cette tumeur peut être composée de différentes cellules dont des cellules souches. Ces cellules souches cancéreuses donnent naissance à toutes les cellules présentes dans la tumeur. Il est donc important de comprendre leur fonctionnement pour éviter la progression fulgurante et les rechutes de ces tumeurs.

Le but de l’étude est d’évaluer la diversité des cellules qui peuvent composer un glioblastome ainsi que leur capacité d’adaptation et de développement. Les patients avec une intervention chirurgicale programmée dans le cadre du traitement de la tumeur seront invités à participer à l’étude. Leurs antécédents médicaux et les informations du dossier médical (images, traitements, état de santé après intervention) seront récupérés. Des échantillons de tumeur et de sang seront prélevés et analysés en laboratoire (composition des molécules et gènes de la tumeur).

  • Comparaison de la prise de Temozolomide de façon prolongée à un schéma « arrêt-reprise » chez les patients atteints d’un glioblastome 

Le glioblastome est une tumeur cérébrale qui touche le système nerveux central (cerveau). Son traitement initial est une chirurgie suivie d’une radiothérapie du cerveau associée à la prise de Temozolomide. Un traitement adjuvant pendant 6 mois complète le traitement initial pour prévenir un risque de réapparition de la maladie.

L’objectif principal de cette étude est de savoir si l’administration prolongée du Temozolomide après 6 mois de traitement permet d’améliorer la survie sans récidive. Les patients participants seront soit intégrés au groupe bénéficiant du Temozolomide en prolongement soit traités de manière standard. 60 patients seront inclus et suivis durant 2 ans.

 

CANCER DE LA MOELLE OSSEUSE

  • Evaluation de l’association du « Daratumumab » chez le patient atteint d’un myélome multiple admissible pour une greffe

Le myélome multiple se développe dans la moelle osseuse. Il touche certains globules blancs et perturbe la fonction de la moelle osseuse en entrainant la destruction de l’os. Certains patients atteints de myélome multiple peuvent entrevoir une autogreffe (le donneur et le receveur sont la même personne), et sont alors traités via l’association de 3 médicaments est fréquente (Velcade, Thalidomide et Dexaméthasone aussi appelé « VTD »)

Le but de l’étude est de déterminer l’efficacité et la tolérance d’un médicament appelé « daratumumab » lorsqu’il est donné en même temps que l’association « VTD ». Les patients inclus seront répartis dans deux groupe au hasard : l’un recevra le médicament, l’autre un placebo. Environ 1080 patients seront recrutés en France, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg et la durée totale de participation pourra atteindre 6 ans.

  • Registre du syndrome myélodysplasique

La moelle osseuse est l'organe au sein duquel sont fabriqués les globules (rouges et blancs) et les plaquettes. Elle peut être affectée par le syndrome myélodysplasique qui est une maladie de la moelle osseuse aboutissant à la production de cellules sanguines anormales et à une insuffisance des cellules normales (globules rouges, globules blancs ou plaquettes). Pour traiter cette maladie, du lénalidomide, Revlimid® peut être prescrit pour soulager une anémie (manque de globules rouges ou d'hémoglobine dans le sang) et diminuer le besoin de transfusions sanguines.

L’objectif de cette étude est de recueillir des données supplémentaires sur le lénalidomide pour en évaluer la non-toxicité. Environ 1 800 patients à travers l’Europe seront inclus dans le registre.

  • Comparaison de traitements chez des patients atteints de myélome multiple.

La multiplication de cellule anormales appelées plasmocytes dans la moelle osseuse entraine une maladie appelée myélome. Les cellules malignes prennent peu à peu la place des autres cellules sanguines normalement présentes. Le traitement standard de ce myélome multiple est divisé en 4 phases comprenant chimiothérapies avec prélèvement de cellules souches et greffe suivi d’un traitement de maintenance.

L’objectif de l'étude est de vérifier si l’adjonction de nouveaux médicaments à la place de la greffe en phase 3, peut être bénéfique pour le patient. De plus, l’étude analysera si 2 cures supplémentaires de chimiothérapie après la phase 3 permettent de mieux éradiquer la maladie. 1500 patients devraient être inclus en l’Europe recevront leur traitement après tirage au sort à 2 reprises (phase 3 : greffe ou nouveau médicaments – phase 4 : cure supplémentaire de chimiothérapie ou aucun traitement de consolidation). Des échantillons de sang et de moelle osseuse pourront être prélevés au cours du suivi, et des questionnaires évaluant la qualité de vie seront complétés.

 

CANCER DU SANG

  • Tolérance et efficacité de l'association d’un nouveau médicament à une chimiothérapie standard chez le patient atteint d’une leucémie myéloïde aiguë

Une leucémie entraine la présence dans la moelle osseuse de cellules leucémiques qui empêchent la formation normale du sang. En fonction du nombre de cellules leucémiques présentes dans la moelle osseuse, on parlera de leucémie myéloïde aiguë (LMA) ou de myélodysplasie à haut risque (AREB). Sans traitement, ces maladies sont mortelles à courte échéance.

L’objectif de l’étude et de vérifier si l'adjonction d'une nouvelle médication à la chimiothérapie standard améliorerait le résultat thérapeutique. Les patients seront suivis pendant 6 ans.

  • Evaluation de l’association du « lénalidomide » à la chimiothérapie de base et en traitement de suivi chez le patient atteint d’une leucémie myéloïde aiguë

La leucémie myéloïde aiguë est un cancer du sang et de la moelle osseuse touchant les cellules, qui n’assurent plus leurs fonctions normales et empêchent la formation normale du sang. Le traitement habituel de cette leucémie se fait par 2 cures de chimiothérapie intensive.

L’objectif primaire de l’étude est de vérifier si l’association du lénalidomide  à la chimiothérapie intensive permet d’améliorer le résultat du traitement actuel. Un des seconds objectifs de l’étude est d’étudier si la continuation de prise du « lénalidomide » après une chimiothérapie améliore le résultat du traitement. Les 860 patients inclus sur l’Europe seront tirés au sort pour être séparés en 2 groupes (avec médicament ou avec placebo). Les patients seront suivis pendant 5 ans.

 

CANCER DU SEIN

Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers féminins au niveau européen, représentant plus d’un cancer sur 4 chez la femme. Il résulte principalement de modifications au niveau de nos gènes qui conduisent les cellules à fonctionner de manière incorrecte. L’ensemble des modifications existantes ne sont toutefois actuellement pas connues. L’incidence du cancer du sein ne cesse d’augmenter dans le monde. En 2011, le Luxembourg présentait un taux supérieur de cancer du sein comparé à la moyenne des pays européens.

  • Collection d’échantillons biologiques de sang, de tissu mammaire et de tissu tumoral

Dans cette étude, les patientes suspectées de présenter un cancer du sein seront invitées à autoriser la collecte d’un échantillon de sang et de tissu. La collecte complétée de données relatives aux antécédents médicaux a pour but d’aider la recherche fondamentale à déterminer les causes de développement du cancer du sein, ou éventuellement, à évaluer de nouveaux traitements expérimentaux. Les échantillons sont stockés à la biobanque de Luxembourg pour une période indéterminée.

  • Comprendre les aberrations moléculaires du cancer du sein métastatique

Le cancer du sein prend naissance au niveau du sein (cancer primaire), peut y réapparaitre (récidive locale), ou se propager à d’autres organes (métastatique). « AURORA » est un programme de recherche visant à comprendre les caractéristiques moléculaires du cancer du sein récurrent ou métastatique. Pour les patients acceptant de participer à ce programme, des données démographiques (âge, sexe, poids), cliniques (diagnostic du cancer du sein, traitement, progression de la maladie) et des échantillons biologiques (sang, tissu) seront collectés. Les échantillons seront utilisés pour rechercher des modifications génétiques qui permettraient de comprendre l’apparition du cancer du sein. Ce programme de recherche inclura 1300 patients en Europe.

  • Association de médicaments pour traiter le cancer du sein

Cette étude évaluera la sécurité globale, la tolérabilité et l’efficacité clinique de la combinaison de deux médicaments (ribociclib et létrozole) chez des hommes et des femmes ménopausées atteints d’un cancer du sein avancé  et n’ayant pas reçu de traitement hormonal antérieur. Au total, environ 3 000 patients seront inclus pour recevoir le traitement.  

 

ANEMIE 

  • Registre de l’hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN)

L'hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN) est une maladie rare et dégénérative qui affecte le sang et les organes vitaux suite à une destruction prématurée des globules rouges. Au départ, elle entraine des symptômes et des complications minimes (coloration des urines par exemple) qui peuvent ensuite se traduire par des troubles graves (leucémie, cancer du sang, accident vasculaire cérébral).

Le registre a pour but de comprendre comment les patients gèrent la maladie au quotidien, comment ils sont suivis et traités, et quelles sont l’innocuité et l’efficacité du traitement standard (eculizumab). L’évolution du patient sera documentée par les données extraites du dossier médical et par l’intermédiaire de questionnaires recueillant des informations sur leur santé et leur état général. Les participants seront des enfants âgés de moins de 17 ans suivis sur une période de 5 ans.

 

CANCER DU POUMON

Le cancer du poumon ne cesse de prendre de l’ampleur au cours des dernières années. En 2012, ce cancer présentait une augmentation de 13% parmi tous les nouveaux cancers. Le plus fréquent (80 à 85%) des cancers du poumon est le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC). Ce terme, choisi parce que les cellules observées au microscope dans la tumeur ne sont pas petites (en comparaison avec d’autres cancers), regroupe différents types de cancers du poumon. Il peut apparaitre n’importe où dans les tissus qui tapissent les voies aériennes des poumons et peut se métastaser après migration des cellules cancéreuses, développant ainsi un cancer à distance du poumon.

  • Evaluation d’un médicament, utilisé seul ou en association, dans le traitement d’un cancer du poumon non à petites cellules métastatique

L’étude a pour objectif d’évaluer un médicament expérimental (médicament non commercialisé, l’INC280), pour le traitement du cancer à petites cellules métastasé. Elle est menée en 2 phases. La première permettra de définir la dose d’utilisation du nouveau médicament en association  avec l’Erlotinib, médicament habituellement prescrit. La deuxième aura pour but d’analyser l’efficacité du médicament par tirage au sort des patients dans 3 groupes (INC280 seul, INC280 avec Erlotinib ou chimiothérapie). Dans cette étude, le patient et le médecin connaîtront le médicament prescrit. La durée de l’étude dépendra de la réaction de chaque patient. Des échantillons de sang, d’urine et de tumeur seront prélevés et le suivi clinique et l’activité électrique du cœur (ECG) seront documentés. 135 patients  provenant de 50 centres seront inclus à l’étude.

  • Étude sur les biomarqueurs des patients atteints de cancer des poumons non à petites cellules, adénocarcinome

Cette étude est organisée pour approfondir les connaissances sur la maladie et sur sa réponse au traitement habituel (Vargatef®). Elle recrutera des patients traitées par du Vargatef® associé à du docétaxel. Les données démographiques (sexe, age…), les antécédents médicaux, la progression de la maladie et tous les effets secondaires seront documentés. Les données issues des prélèvements sanguins et tumoraux réalisés dans le cadre du suivi médical seront aussi récoltées pour des analyses en laboratoire (mutation génétique, marqueurs de la maladie). L’étude inclura au moins 300 patients en Europe.

  • Comparaison de deux traitements chez les patients souffrant d'un cancer du poumon non à petites cellules avancé

L’objectif de cette étude est de comparer et d’évaluer l’efficacité de deux médicaments différents auprès de patients atteints d’un CPNPC avec une modification spécifique d’une protéine. Les patients recevront soit  le brigatinib (nouveau traitement potentiel, encore expérimental), soit le crizotinib (médicament approuvé et déjà prescrit). Le patient et le médecin connaîtront le médicament administré. L’étude inclura environ 270 patients dans 150 centres dans le monde, pendant 5 ans. Les données seront extraites des différents tests réalisés au cours du suivi médical (électrocardiogramme, biopsie de la tumeur, tests sanguins, questionnaire évaluant la qualité de vie).

  • Evaluation de la dose efficace, de la sécurité et de la tolérance d’un nouveau traitement dans le cadre du cancer du poumon non à petites cellules.

L’objectif de cette étude est de définir la dose recommandée, la sécurité, la tolérance et l’efficacité d’un médicament expérimental chez les patients qui sont atteints d’un type spécifique de CPNPC. Elle est menée en 3 phases : évaluation de la dose recommandée – évaluation de la sécurité et tolérance – utilisation en tant que traitement sur un cancer qui s’aggrave. Une biopsie tumorale fraîche sera réalisée avant le premier traitement avec le médicament à l’étude afin d’étudier les changements dans les gènes de la tumeur au cours de l’étude. L’étude est prévue pour une durée de 24 mois et concernera 130 patients issus de divers centres.

  • Traitement du cancer du poumon chez les non-fumeurs

Les non-fumeurs peuvent aussi être touché par un cancer du poumon, on parle alors de cancer broncho-pulmonaire. L’apparition de ce type de cancer peut être la conséquence d’une mutation de gènes entraînant des modifications du fonctionnement des cellules, qui peuvent alors se multiplier de manière anarchique et développer des tumeurs. Pour la majorité des patients, les gènes en cause ne sont cependant pas encore connus.

L’étude a pour but de découvrir ces mutations génétiques encore inconnues. Chaque patient participant autorisera l’analyse détaillée, en laboratoire, de la tumeur et d’échantillons de sang et le recueil de données médicales, concernant l’apparition et l’évolution clinique de la maladie, le traitement suivi et son effet.

  • Collection d’échantillons biologiques

Le cancer du poumon est un des cancers le plus fréquent. Il est de mauvais pronostic. Il est donc important de développer un test diagnostique efficace pour le traiter au plus vite.

L’objectif de cette étude est d’établir la collection d’échantillons biologiques (sang, urines, salives, petites quantité de tissus prélevé lors de la biopsie,…) la plus importante possible. Ces échantillons pourront servir à la recherche fondamentale notamment sur l’identification précoce ou les causes du cancer du poumon. Les échantillons seront conservés dans une bioanque. Pour compléter les données, les participants seront contactés au besoin tous les six mois après la biopsie ou le traitement du cancer du poumon pendant les cinq premières années.

 

CANCER DE LA THYROIDE

  • Évaluation des bénéfices et des risques d’un médicament prescrit pour traiter le cancer de la thyroïde médullaire avancé / métastatique

Le cancer de la thyroïde médullaire avancé / métastatique (CMT) est une forme peu commune de cancer de la thyroïde (5 à 8% des cancers de la thyroïde). C’est un cancer de type neuroendocrine car il prend son origine dans les cellules neuroendocrines de la thyroide (cellule qui sécrète normalement une hormone appelé calcitonine).

Cette étude est menée pour confirmer, le rapport bénéfices-risques du vandétanib (CAPRELSA™) 300 mg, chez les patients atteint d’un cancer de la thyroïde médullaire avancé et traité avec ce médicament. Les données issues du suivi médical, du traitement, les effets secondaires, et une analyse en laboratoire de la tumeur seront analysées. Chaque patient sera suivi pendant 14 mois. Le projet implique 6 pays et 30 sites en Europe dans le but de recruter 80 patients.

 

CANCER DE LA PEAU

  • Evaluation d’un médicament dans le traitement d’un mélanome de stade III ou IV

Le mélanome est un cancer de la peau qui apparaît dans les mélanocytes (cellule de la peau), qui fabriquent le pigment appelé « mélanine ». Le risque de développer un mélanome invasif a considérablement augmenté et la mortalité globale due au mélanome continue de croître.

Cette étude a pour objectif d’évaluer l’efficacité d’un médicament expérimental, le nivolumab dans le traitement d’un mélanome de stade III (inopérable) ou de stade IV (avancé). Le nivolumab est un anticorps étudié pour déterminer s’il permet au système immunitaire de l’organisme d’agir contre les cellules tumorales. La participation à l’étude durera de 24 à 36 mois. Des visites de suivi visant à surveiller l’éventuelle présence d’effets secondaires ou de bénéfices potentiels seront effectuées tous les 3 mois. 1 800 patients seront recrutés sur 29 pays d’Europe.

 

CANCER COLORECTAL

Le cancer colorectal touche le côlon (gros intestin) et le rectum. Les cellules cancéreuses se multiplient pour former une tumeur dans l’intestin, et si elle n’est pas traitée, la tumeur peut s’étendre à d’autres parties du corps, notamment au foie ou aux poumons. On parle alors de cancer avancé, de stade IV, ou de cancer colorectal métastatique (CCRm). Au Luxembourg, c’est le cancer le plus souvent diagnostiqué avec 200 nouveaux cas par an, touchant aussi bien les hommes que les femmes.

  • Découverte de nouvelles cibles thérapeutiques pour le cancer colorectal

Dans le cancer du colon, le taux de protéines (appelées cytokines) produites par le système immunitaire (système de défense du corps humain) et assurant la communication entre les cellules du corps augmente largement.

Le but de cette étude est de mieux comprendre le parcours de ces cytokines, leurs interactions avec d'autres cellules et leur rôle dans le développement du cancer. L'étude permettra probablement d'identifier d’autres marqueurs/protéines ayant un rôle dans ce cancer, ce qui pourrait aider à son diagnostic et son traitement.

Des échantillons de sang, de selles, d’urine et de tissu (si une intervention chirurgicale est prévue) seront prélevés tous les 6 mois pendant 3 années auprès de centaines de patients.

  • Sécurité et efficacité d’un médicament dans le cancer colorectal métastatique

L'étude a pour objectif de confirmer la sûreté et l’efficacité du médicament « régorafénib » dans le traitement du cancer du colon, à partir des données du dossier médical et d’un suivi régulier des patients. Leur qualité de vie sera aussi évaluée. L’étude est mondiale et 3 000 devraient y participer. 

 

CANCER DU REIN

  • Efficacité et innocuité d’un médicament comme traitement adjuvant chez les patients atteints de carcinome des cellules rénales après néphrectomie

Le cancer du rein est souvent découvert fortuitement. Il est généralement résistant à la chimiothérapie classique et à la radiothérapie. La chirurgie reste ainsi le traitement de référence. Après traitement chirurgical, de minuscules cellules tumorales peuvent cependant persister et donner naissance à une nouvelle tumeur, raison pour laquelle les chercheurs essaient de développer des thérapies ciblées pour limiter ce risque.

L’objectif de cette étude clinique consiste à déterminer si un médicament, le « pazopanib », permet de prévenir ou de retarder la réapparition d’une tumeur des cellules rénales après traitement chirurgical. Les patients participant recevront soit le « pazopanib » soit un placebo (comprimé qui ne contient aucun médicament). Des données sur les effets du médicament et sur l’état de santé du patient seront recueillies. L’étude est mondiale et environ 1500 cents patients adultes devraient être recrutés.

Cancer du poumon

Projet LCS – collection d’échantillons et recherche de biomarqueurs

Des médecins pneumologues et oncologues du CHL ont participé à une étude sur la recherche de biomarqueurs du cancer du poumon, en collaboration avec le LIH et l’IBBL. Partant du constat que le cancer du poumon est la cause principale de mortalité dans les pays industrialisés et actant de la difficulté à élaborer un traitement concluant et efficace contre cette maladie, les chercheurs luxembourgeois ont cherché à identifier de nouveaux marqueurs, permettant une identification plus rapide de la maladie, ou une meilleure prédiction de la réaction des patients aux traitements de chimiothérapie. 

Les échantillons de salive, de sang, ou de tissu prélevés chez les patients ayant accepté de participer à la recherche ont permis aux chercheurs de mesurer les protéines présentes dans les fluides corporels, grâce à des techniques spectométriques très avancées. Ce travail a ainsi permis la découverte de 17 protéines potentiellement biomarqueuses du cancer dans le plasma1.

 

Cancer du sein

Projet 3B, Biobanking of blood, breast tissue and tumour in Luxembourg: a pilot study - collection d’échantillons

Le Dr Caroline Duhem, oncologue du CHL, est à l’origine de la mise en œuvre d’une collection pilote d’échantillons de cancers du sein (prélèvements sanguins ou prélèvements de tumeur). A partir d’analyses complexes des échantillons recueillis sur des patientes volontaires pour participer à l’étude, la recherche fondamentale peut mieux déterminer les causes sous-jacentes du développement du cancer du sein dans une population donnée. Une meilleure identification des causes permet aussi le développement de nouveaux traitements expérimentaux. Il s’agit pour l’instant d’un projet pilote, incluant un nombre limité de patients. Le Dr Duhem souhaite en effet vérifier la possibilité de développer une telle collection et l’intérêt qu’elle pouvait susciter pour les patients et les instituts de recherche. Le projet est mené avec l’IBBL qui stocke les échantillons et est garant de leur bonne conservation.

 

Cancer du cerveau

Projet capacités d’adaptation des tumeurs cérébrales, collection d’échantillons

Neurochirurgien au CHL, le Prof. Frank Hertel participe depuis plusieurs années à l’étude ADAPT (Adaptive Capacities in Brain Tumors), menée en collaboration avec le laboratoire NORLUX du LIH. Le projet a pour but de comprendre la manière dont se développent des tumeurs cérébrales pour élaborer de meilleurs traitements et de nouveaux tests de diagnostic. Le Dr Hertel propose aux patients intéressés de conserver un échantillon de la tumeur enlevée lors de l’intervention chirurgicale qu’ils ont subie. Cet échantillon est ensuite analysé puis stocké dans les laboratoires de l’IBBL. Depuis le début de l’étude, plus de 250 échantillons ont été recueillis, apportant aux chercheurs un matériel conséquent leur permettant analyse, comparaison et réflexion sur l’évolution des tumeurs cérébrales.

Cancer de la gorge et du larynx

De nouvelles techniques pour opérer les patients

La chirurgie robotique existe depuis de nombreuses années, et offre aux chirurgiens qui l’utilisent quotidiennement une très grande précision dans les gestes au cours des interventions. La recherche contribue au perfectionnement des robots chirurgicaux, en apportant toujours de nouvelles solutions et propositions : ainsi, les ORL du CHL autour du Prof. Marc Remacle, porteur du projet, ont eu l’opportunité de participer au développement d’un nouveau système robotique, plus flexible, permettant d’apporter les instruments d’intervention et les caméras au plus près de la zone à opérer. La flexibilité du système autorise des prises de vue sous tous les angles, facilitant l’opération et garantissant la plus grande précision.

 

Cancer du sang

Projet : traitement expérimental  

En collaboration avec la fondation Hovon, le Dr Laurent Plawny, hématologue au CHL, participe à une étude clinique, visant à déterminer l’efficacité et la tolérance d’un médicament expérimental, donné en même temps que trois autres classiquement utilisés dans le traitement d’un myélome multiple. Comme pour toutes les études cliniques menées au CHL, les patients acceptant de participer reçoivent toutes les informations nécessaires et peuvent décider de se retirer du projet à tout moment. Au total, 1080 patients doivent participer à cette étude, en France, Belgique, aux Pays Bas et au Luxembourg. 

Je suis patient du CHL, j'ai un cancer des poumons, identifié il y a cinq ans.

La forme de ce cancer est paraît-il très rare, seulement 2% de la population en est affectée. Il a d'ailleurs fallu plusieurs mois avant qu'un cancérologue ne fasse le bon diagnostic. Je suis venu au CHL sur les recommandations d'une amie, après avoir consulté mon pneumologue, qui ne savait pas trop comment traiter ma maladie. 

Dans les premiers mois, nous avons essayé la chimiothérapie mais les résultats n'étaient pas concluants. Mon cancérologue m'a proposé alors de rentrer dans un protocole d'études, c'est-à-dire de prendre un médicament encore en phase de « test », non encore commercialisé. Les effets secondaires étaient très forts, j'avais des maux d'estomac, j'étais très fatigué, et le traitement a cessé d’agir après plusieurs cycles.  Au bout d'une année, mon médecin m'a proposé un autre traitement, toujours en phase « test ». 

Je le suis depuis trois ans et demi, les effets négatifs sont moins importants, même s'il y a en bien sûr toujours un peu, et ça fonctionne bien. Je mène une vie « normale », je fais du sport, de la course à pied et du vélo, je vais plutôt bien, il paraît même que la maladie régresse. C'est bien sûr contraignant, je dois prendre 8 cachets par jour, qui me sont fournis directement par le CHL, toutes les 4 semaines. Toutes les 6 semaines, je fais un IRM et un body scan, examens prévus dans le protocole, et mon médecin surveille de très près les évolutions de la maladie. Il m'a dit dernièrement qu'il n'aurait jamais imaginé que je puisse aller aussi bien, qu'il n'en espérait pas tant et que si j'étais venu le voir il y a 6 ans, il n'aurait rien pu faire pour moi. Je me souviens d'ailleurs que l'une des premières fois où je l'ai vu, il m'a souhaité « bonne chance ». 

Pour moi, entrer dans un protocole de recherche, c'était un peu une dernière chance. Quand on est dans ma situation, quand la maladie vous touche, on met du temps à comprendre, à accepter. Puis on se raccroche à toutes les possibilités pour aller mieux. J'ai même regardé quels traitements existaient dans d'autres pays, mais pour l'instant, je ne vois pas la nécessité d'aller essayer autre chose. Le traitement que je suis, c'est pour la vie, en tout cas, aussi longtemps qu'il porte des résultats et que le laboratoire en dispose. 

Au Luxembourg, je sais qu'il y a une autre personne qui a la même maladie que moi et qui suit le même traitement. Je ne la connais pas. 

Ce matin, j'ai couru, j'ai fait 7 kilomètres.»