Reprise des visites au CHL

 

Nous sommes contents de pouvoir vous annoncer la reprise progressive des visites au CHL en fonction de la situation du patient.

Cette reprise des visites se fait évidemment sous certaines conditions. Un patient COVID- peut ainsi recevoir deux visiteurs par jour au maximum et cela dans le respect des conditions d'hygiène actuelles.

Les patients suspects Covid ou Covid 19+ ne sont autorisés à recevoir des visites qu'à titre d'exception et avec aval du médecin.

Afin de réduire au maximum les risques pour les patients et le personnel du CHL, les consignes suivantes sont à respecter lors des visites au CHL :

Lors des consultations ambulatoires, le patient peut se faire accompagner par une personne de confiance ou de soutien.

Le CHL-Centre logistique, 1ère plate-forme logistique hospitalière au Luxembourg, fête sa première année d'existence.

 

Sous l’égide de la pharmacie hospitalière, le CHL-Centre Logistique a commencé à fonctionner le 20 mai 2019.

Depuis ce jour, cette structure hospitalière de 1000 m2 autorisée par le Ministère de la Santé est en charge de réceptionner, tracer, stocker et dispenser une majorité de produits pharmaceutiques et de consommables, nécessaires à la prise en charge des patients du CHL, mais aussi de ceux de nos partenaires externes comme l’Institut National de Chirurgie Cardiaque et de Cardiologie Interventionnelle, l’Hôpital Intercommunal de Steinfort, le Centre pénitentiaire de Luxembourg, le Centre de rétention de Luxembourg ou plus récemment le Centre de Réhabilitation Château de Colpach. Le CHL-Centre logistique garantit un approvisionnement adéquat et régulier des unités de soins et des unités médico-techniques grâce à la mise en place de 9 navettes quotidiennes.

Au delà des infrastructures, le succès du fonctionnement de cette plate-forme tient dans l’engagement de la quinzaine de personnes (pharmaciens, logisticiens, magasiniers, administratifs et apprentis) qui y travaillent quotidiennement.

Cet engagement a d’ailleurs été particulièrement nécessaire durant toute la crise COVID. En effet, durant les trois derniers mois, le personnel du CHL-Centre Logistique (et plus généralement celui de la Pharmacie) a œuvré pour faire en sorte que tous les équipements de protection individuelle (EPI), les matériels et les médicaments critiques ne soient jamais en rupture de stock (voir détail des statistiques ci-dessous).

Les efforts du personnel d’une part et l’existence de cette plate-forme d’autre part (qui a d’ailleurs pu être agrandie durant la crise de près de 600 m2 grâce à la mise à disposition gratuite par le propriétaire), sont une des ressources-clés qui ont permis au CHL et à ses partenaires hospitaliers d’affronter la crise sanitaire.

A l’heure où les autorités se demandent ce que nous avons appris durant crise, et ce qu’il faudra conserver, le CHL peut affirmer que le modèle de centre logistique qu’il a développé, mérite d’être envisagé à un échelon national !

CHL-CENTRE LOGISTIQUE : QUELQUES CHIFFRES CLÉS DE LA GESTION DE CRISE COVID-19

Afin d’assurer une prise en charge optimale de nos patients atteints du COVID+ et de nos patients NON- COVID, nos unités de soins ont été réorganisées.

  • Nombre palettes stockés spécialement pour faire face à la crise (EPI, matériel spécifique) : 202 palettes
  • Surface supplémentaire de stockage : 576 m2
  • Nombre de nouveaux fournisseurs contactés : 86
  • Nombre de références alternatives commandées en dépannage : 35
  • Nombre de références suivies quotidiennement avec la cellule logistique nationale (stock, réservations, commandes en attente, délais) : 174
  • Nombre de ruptures de stock en EPI : 0 mais des adaptations ont été nécessaires
  • Augmentation de la valeur du stock à Bertrange :
    • Inventaire déc 2019 : 634 422 € a valeur actuelle : 883 490€ = Augmentation de 39% en valeur
  • Logistique : élargissement des horaires d’ouverture du site Bertrange : ouvert tous les samedis de 10h00 à 14h00 depuis le 21 mars
  • Préparation journalière du lundi au samedi des services COVID et préparation journalière à 12h des commandes de EPI/désinfectant pour l’ensemble des services
  • Consommables du 01/03 au 15/05/2020 (% évolution par rapport 01/03 au 15/05/2019) :
    • Masques chir = 268 900 (+344%)
    • Masques FFP2 = 32 190 (+912%)
    • Masques tissus = 2 625 (new)
    • Solution hydro-alcoolique = 3500 litres (+85%) (dont 882 litres produits par la pharmacie du CHL)
    • Surblouses de protection perméables = 94 759 (+155%)

Pharmacien coordinateur logistique :

  • Laurence FLOENER- T. +352 4411-8436

Coordinateurs stock :

  • Emilie SURGET - T. +352 4411-8478
  • Christian MONCADA - T. +352 4411-8251

12 mai: Journée internationale de l’Infirmière - 200 ans de la naissance de Florence Nightingale

 

À l’occasion de la journée internationale de l’Infirmière et des 200 ans de la naissance de Florence Nightingale, Mme Monique Birkel, directrice des Soins du Centre Hospitalier de Luxembourg, a souhaité rendre hommage à ses équipes et encourager les jeunes à choisir cette profession. Découvrez son message dans le vidéo ci-dessous.

 

Réflexions par l'équipe de la Direction des Soins du Centre Hospitalier de Luxembourg à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Florence Nightingale: Regards sur le parcours de la profession d'infirmière

Introduction

Nous fêtons ce 12 mai 2020 les 200 ans de la naissance de Florence Nightingale ce qui nous donne l’occasion de contextualiser la profession infirmière et de nous pencher sur son évolution. Parallèlement à ce bicentenaire l’OMS a proclamé en septembre dernier que 2020 serait l’année des infirmières et des sages-femmes. Cette célébration nous invite  à jeter un regard attentif, juste et réaliste, sur ce fabuleux parcours réalisé depuis plus de deux siècles. 

Au-delà des évolutions liées à la construction d’une profession, il s’agit de la transformation d’un groupe professionnel qui compte parmi les acteurs engagés de tous les systèmes de la Santé à travers le monde et les temps.  La période de crise sanitaire internationale que nous traversons actuellement affirme une fois de plus ce postulat. Florence Nightingale s’est illustrée en son temps comme la première infirmière hygiéniste de l’histoire, en sauvant des millions de vies par l’application de mesures simples, comme le lavage des mains. 

Au fil des crises sanitaires successives, l’histoire des infirmières peut se lire en trois temps et continue de s’écrire quotidiennement à la lumière des enjeux du monde contemporain.

 

1.  Hier : l’émergence d’un métier, centré sur le « Care »

À l’époque de Florence Nightingale, le rôle de l’infirmière était généralement assimilé à celui de la « nurse » : cette personne infiniment dévouée, qui avait la charge soit des jeunes enfants, soit des malades dépendants. Il ne s’agissait pas d’une profession, mais plutôt d’une vocation, voire même d’un « sacerdoce ». 

L’influence de l’église était très forte, les infirmières étaient d’ailleurs souvent de jeunes femmes aux profils très divers, parfois même peu recommandables. Les maîtres mots étaient « dévouement », « charité » et « pitié ». En l’absence de formation à proprement parler, Florence Nightingale fut à l’origine de la création d’une des premières écoles d’infirmières.

Les religieuses veillaient alors, à l’aide de concepts religieux et de techniques de soins souvent empiriques, à façonner l’éducation de ces jeunes filles, à prendre soin inconditionnellement du « malade » qui leur était confié. Le volet maternel des soins infirmiers était central, axé notamment sur les aspects de confort, d’éducation et de suppléance pour le patient. La notion de « care » est alors au premier plan. 

Le médecin revêt alors un rôle central et est le dépositaire autant de la connaissance que l’autorité. Le patient est davantage considéré comme un « objet de soins », confié à des infirmières assumant un rôle à la fois de confidente ou de garde-malade, titre qui était d’ailleurs celui des infirmières au Luxembourg jusqu’en 1968.

Le soignant, à peine visible dans cet univers, n’a pas droit à la parole : il n’est là que pour être, au mieux, le timide porte-voix du patient au cas où celui-ci serait interrogé. 

La soumission aux pouvoir médicaux et religieux est forte et laisse peu de place quant à l’épanouissement personnel ou professionnel. Véritables figurants d’une pièce qui se joue sans eux, les infirmières vont peu à peu construire ce qui sera leur métier, puis deviendra véritablement une profession. 

Ceci passera notamment par la formalisation de contenus de formation ou encore de l’écriture des concepts de soins depuis le début du 20ème siècle, par une autre grande dame : Virginia Henderson. Sa description de l’homme en bonne santé, et par déduction du malade, aura influencé toutes les infirmières en exercice dans notre pays et cela depuis des générations. Cette vision aura apporté aux infirmières de  la visibilité et de la reconnaissance dans la société.

 

2. D’un métier à une profession, la valorisation du « Cure »

Autrefois occupation réservée aux jeunes filles, la place sociétale de l’infirmière s’est peu à peu améliorée, gagnant en respectabilité et reconnaissance, particulièrement au niveau de la population. Cette évolution va de pair avec la masculinisation progressive au cours du 20ème siècle. La carrière d’infirmière relève de plus en plus souvent d’un choix, inscrit dans la durée, au travers de projets professionnels multiples, qu’il est aujourd’hui possible de construire. La durée de la vie professionnelle ne va qu’en augmentant et la première génération aura fait une carrière complète jusqu’à la retraite. 

Bien que calqué sur les horaires des ouvriers de la révolution Industrielle, les soignants, présents 24 heures par jour auprès des patients,  ont su au gré des combats qu’ils ont mené, préserver un équilibre permettant d’allier vie professionnelle et vie familiale.

Le recrutement se recentre à mesure que les contenus s’étoffent et se spécialisent. Le métier d’infirmière est dorénavant protégé par la loi, qui rend son exercice exclusif, confié à des professionnels évalués, détenteurs d’une formation sanctionnée par un diplôme et autorisés par les pouvoir publics.

Nous parlons dorénavant de formations, apportant des connaissances et des savoirs propres, qui dès 1977 ont été codifiés, encadrant la formation par une directive européenne, autorisant la libre circulation des diplômes et des professionnels.

Ces savoirs vont de pair avec le développement et la diffusion d’une pensée soignante, partagée et reconnue. Elle ne s’appuie plus sur des préceptes religieux, mais dorénavant sur les théories de soins, développées par des pairs, qui construisent, étayent et diffusent la pensée soignante.

Cette pensée repose également sur des valeurs, liées notamment à l’éthique du soin, dont les infirmières assurent fréquemment la diffusion et le partage au travers de publications et d’interventions à des congrès.

Le positionnement professionnel s’est construit et se fait  de plus en plus « à hauteur des yeux » avec le corps médical, au sein d’une relation équilibrée, dans laquelle les infirmières développent un rôle qui leur est « propre ». Il va de pair avec le développement des techniques, des progrès de la médecine (thérapies, antibiotiques, équipements de pointe…) consacrant la place du « cure » à l’hôpital.

La prise en charge des patients, devenue de plus en plus complexe, a demandé de construire un lien avec les autres disciplines, impliquées dans les prises en charge de ces patients.  Cette dynamique nous a fait entrer dans la temporalité de l’interdisciplinarité. 

Il ne s’agit pas de mimer la démarche médicale, mais bien de construire un modèle de pensée et de prise en charge différent et complémentaire, dont le premier bénéficiaire reste le patient.

À mesure de l’avancée du vingtième siècle, suscitant espoirs et avancées dans le domaine de la médecine, le métier d’infirmière s’est construit et renforcé, pour devenir aujourd’hui une profession à part entière.

La profession infirmière, reconnue comme porteuse, a pu acquérir depuis les années cinquante toutes les caractéristiques inhérentes aux professions, à savoir la présence :

  • d’objectifs reconnus par la société,
  • de contenus professionnels spécifiques,
  • d’un contexte règlementaire avec des attributions propre à la profession,
  • de responsabilités allant jusqu’au niveau médico-légal.

Le rôle soignant s’exprime dans une relation soignant-soigné où le concept du patient laisse peu à peu la place celui du client. Ce terme est à accueillir non pas dans sa signification courante, au sens commercial, mais plutôt dans une acception d’échange contractuel. Il s’agit d’un accord (formel autant qu’informel) entre un bénéficiaire et un professionnel qui se rencontrent et décident conjointement du parcours qu’ils vont réaliser ensemble. Ce parcours, déterminé sur la base de guidelines internationales et co-construit par les infirmières, veillera à retenir la meilleure organisation pour le patient, en dépit de la complexité hospitalière.

 

3. Aujourd’hui et demain : les perspectives d’une profession soutenant le « Core »

La profession infirmière a réussi à s’affirmer et se développer dans le monde contemporain de la Santé. Les leviers de cet ancrage, ont été ceux de l’expertise clinique acquise dans de nombreux domaines, ou encore par le biais de l’hyperspécialisation, allant souvent de pair avec l’investissement de nouveaux champs d’exercice, comme ceux des pratiques avancées.

Les infirmières se positionnent comme des partenaires fiables et solides dans la redéfinition des activités des différents professionnels, en proposant une nouvelle une offre de soin. Cette offre, au cœur des préoccupations contemporaines, liée notamment aux exigences de qualité et de sécurité, est portée et développée par les infirmières. En prenant en compte ses besoins, elle aide alors le patient à faire ses propres choix et l’invite à être l’acteur des décisions qu’il prend, au regard de ses valeurs et de ses sentiments.

Professionnelles au cœur des réalités économiques, sociales, sociétales et environnementales, elles savent se mobiliser face aux enjeux et défis de notre société.

Bravant leur modestie et leur discrétion naturelle, les infirmières s’affirment de plus en plus en prenant toute la part qu’il leur revient, tant au niveau managérial, associatif que politique. Elles inscrivent leurs actions et leurs combats dans une vision durable.

Le développement de la profession passe également par la pluridisciplinarité, inscrite au cœur de l’ADN soignant, notamment au travers des activités de coordination, qui font aujourd’hui la force des soignants. 

La transversalité, développée et soutenue par les infirmières, permet la reconnaissance de tous et favorise l’investissement mutuel, à part égales, avec les autres partenaires du soin.

La profession s’engage dans un nouveau futur, celui de l’académisation : évolution naturelle d’une profession mature et reconnue. Cette intégration au système universitaire est la porte d’entrée vers de nouveaux champs de possibilités, soutenus notamment par la recherche en soins, véritable moteur de développement des pratiques et concepts. 

Parallèlement, la structuration de la formation initiale autour des référentiels de compétences prépare cette académisation

L’ouverture aux parcours universitaires soutiendra cette transversalité assumée et partagée avec les autres professions de santé. Il ne s’agit plus de défendre l’exclusivité, mais plutôt de valoriser l’ouverture : le rôle infirmier, en se développant et se renforçant, laisse peu à peu la place à celui de soignant, plus vaste. 

Au-delà de la coordination interprofessionnelle, la fonction soignante ne limite plus l’évolution de ces membres à des fonctions de management ou d’exercice spécialisé, mais ouvre vers plus de possibilités dans un monde de la santé en pleine mutation.

Aujourd’hui le patient ne souhaite plus être un objet de soins dans un monde hospitalier qui s’est prodigieusement complexifié. Mieux informé, il souhaite garder son autonomie et appréhender sa maladie à la lumière de ses propres choix. Les parcours de soins seront développés, adaptés et personnalisés afin d’offrir au patient une réponse la plus adaptée à ses besoins, à sa maladie et à ses souhaits. Nous nous retrouvons dans le « core ».

Les infirmières deviennent les pivots et les passeurs de relais, au sein de nombreux partenariats, visant à une prise en charge personnalisée et pluriprofessionnelle du patient. 

Les soignants, premiers acteurs dans la création de ces parcours, devront alors développer un nouveau mode de prise en charge du patient, notamment par la coordination des différentes modalités possibles, créant passerelles et fast tracks là où c’est nécessaire.

L’approche n’est plus celle d’une contractualisation, peut-être trop restrictive et limitante, mais celle d’un partenariat, plus adapté aux nouvelles possibilités de prise en charge. 

Le patient conserve sa place centrale, il est reconnu et ses attentes, son expérience est valorisée et partagée dans une démarche de « patient partenaire » où son avis, sa contribution est attendue en vue d’améliorer l’offre de soins qui lui est proposée. Il fixe lui-même ses objectifs, prend ses décisions selon ses valeurs, ses sentiments et ses souhaits. Le soignant est là pour accompagner le patient, le conseiller et le soutenir, avec empathie, professionnalisme et respect, dans une vision holistique revendiquée.

 

Conclusion

La profession infirmière, et plus largement soignante, a su relever les défis qui lui ont été lancés et aborde avec confiance et réalisme ceux qui s’annoncent, tels la digitalisation, la pénurie des ressources, le virage ambulatoire ou encore les arbitrages macroéconomiques.

Preuve en est encore aujourd’hui où les soignants font face à l’épidémie actuelle avec courage, compétence et détermination. Ils parviennent à faire porter la voix du patient, même quand celui-ci est isolé, en mettant tout en œuvre pour lui. Dans le même temps, ils se mobilisent massivement afin d’influencer politiquement les décisions visant à protéger et conscientiser les populations face aux risques encourus.

Les professions soignantes poursuivent leur route, tracée il y a plus de deux cents ans par une des leurs. Les victoires et les crises se sont succédé, sans jamais les détourner du cœur de leur préoccupation : le patient. 

La force des professions soignantes réside sans nul doute leur résilience collective qui leur permet d’aborder le futur avec force, confiance et optimisme, plus mobilisés que jamais.

Afin de fêter ensemble cet anniversaire unique, nous avions prévu un cycle de conférences investissant tous les aspects des professions soignantes, orientés vers le futur de nos pratiques. Nous espérons pouvoir compter, respectivement fin septembre et début novembre, sur deux  intervenantes de renommée internationale qui pourront nous partager, avec nous, leurs visions. 

Modification des règles de visite à la Maternité du CHL dès le lundi 11 mai

 

Avec la nouvelle phase de déconfinement en vigueur à partir du lundi 11 mai, les règles de visite ont été revues à la Maternité du CHL.

Désormais, une visite par séjour est autorisée pour les grands-parents.

D'autres visites de proches restent interdites jusqu'à nouvel ordre (y inclus frères et soeurs).

Premier patient luxembourgeois recruté dans un nouvel essai clinique européen contre le COVID-19

 


Le premier des 60 patients luxembourgeois qui participeront à l'essai clinique européen «Discovery » a été recruté aujourd'hui au CHL. L'étude, coordonnée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), vise à tester quatre thérapies expérimentales contre le COVID-19. Le premier patient inclus aujourd'hui s'est vu attribuer au hasard l'un des traitements prévus. Le CHL, et plus particulièrement son Service National des Maladies Infectieuses (SNMI) et son service de Soins intensifs, ainsi que les Hôpitaux Robert Schuman (HRS), en collaboration avec le Luxembourg Institute of Health (LIH), avaient précédemment rejoint le consortium de l'étude lors de son lancement, le 22 mars dernier.

COVID-19 est une maladie infectieuse causée par le nouveau coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2) et caractérisée par des symptômes pseudo-grippaux tels que toux, fièvre et, dans les cas plus graves, insuffisance respiratoire. Il n'existe actuellement aucun traitement spécifique pour COVID-19.
 

« Discovery » : une étude interventionnelle proactive

« Discovery » évaluera l'efficacité et l'innocuité de quatre molécules antivirales expérimentales qui pourraient être efficaces contre COVID-19, sélectionnées selon les dernières preuves scientifiques.
Il s'agit notamment du remdesivir, du lopinavir, du ritonavir, du lopinavir-ritonavir associé à l'interféron bêta1 et de l'hydroxy-chloroquine, qui sont classés comme traitements expérimentaux prioritaires par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les molécules seront administrées à travers quatre modalités de traitement différentes, en parallèle avec les soins standard qui seront pris comme référence. À savoir, les modalités comprennent le remdesivir avec les soins standard ; une combinaison de lopinavir et de ritonavir avec les soins standard ; cette dernière combinaison en présence d'interféron bêta ; et l'hydroxy-chloroquine avec les soins standard. Ces options de traitement seront attribuées au hasard aux participants à l'étude, bien que les patients et les médecins sauront quelle modalité a été administrée. L'efficacité et l'innocuité des médicaments seront évaluées 15 jours après le recrutement de chaque participant.
« Discovery » vise à inclure un total de 3 200 patients atteints de formes modérées à sévères de la maladie, originaires de plusieurs pays européens. La force de l'essai réside dans sa nature proactive et adaptative, qui permettra d'affiner les thérapies testées en temps réel, en excluant celles qui s'avèrent inefficaces et en les remplaçant par de nouveaux médicaments en cours de développement dans le cadre de projets de recherche en cours. Cela permettra d'identifier rapidement les traitements les plus efficaces et d'intervenir sur les patients atteints de COVID-19.

(1 Petite molécule produite par les cellules qui a des effets antiviraux et antiprolifératifs et qui est utilisée pour traiter la sclérose en plaques)


L'essai au Luxembourg : pratique clinique et recherche unissent leurs forces

L'essai est porté par le Dr Thérèse Staub (CHL), le Dr Jean Reuter (CHL) ainsi que le Dr Claude Braun (HRS) et le Dr Marc Berna (HRS), avec le LIH en tant que coordinateur pour le Luxembourg. L'équipe est responsable du recrutement des patients et coopère étroitement avec le Centre d'Investigation et d'Épidémiologie Clinique (CIEC) du « Department of Population Health » du LIH. Le lancement de l’étude a été facilité par la mobilisation du Ministère de la Santé et du Comité National d'Ethique de Recherche (CNER), qui ont permis la mise en place des procédures de révision et d’autorisations en urgence. « Nous sommes ravis d'avoir si rapidement commencé le recrutement des patients, que quelques semaines après le lancement officiel de l'essai clinique », déclare le Dr Staub, directeur du SNMI et investigateur principal de l'étude. « L'objectif du projet est de fournir des solutions de traitement concrètes à un nombre croissant de patients dans un état critique au plus vite. La collaboration étroite avec les autorités nationales compétentes et le LIH a été décisive pour assurer le déploiement rapide de l'étude, marquant ainsi le début de notre contribution à l'endiguement de la pandémie en cours au Luxembourg et à l'étranger », ajoutet-elle. « Nous sommes fiers d'avoir mis notre expertise dans la mise en place d'essais cliniques au service de la communauté luxembourgeoise en contribuant à l’implémentation de cette prestigieuse étude internationale », conclut le Prof Laetitia Huiart, Directrice du « Department of Population Health » du LIH et professeur affilié à la Faculté des Sciences, de la Technologie et de la Médecine de l'Université du Luxembourg. L'étude complétera également les données qui seront générées dans le cadre de «Solidarity », un essai clinique international sous les auspices de l'Organisation mondiale de la santé.
« Discovery », coordonné par l'Inserm, est un essai européen soutenu financièrement à travers les projets européens « COMBACTE », « PREPARE » et « RECOVER ».

 

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